Jérôme et Catherine Filleau ont créé ce musée sur la Marina de St François, à deux pas de la Galerie d’art qu’ils tiennent depuis dix ans. Un espace pour découvrir le patrimoine artistique du XVI° siècle à nos jours.

Vous avez ouvert il y a quelques mois ce musée des Beaux-Arts, que peut-on y voir?
Nous avons voulu faire quelque chose qui n’existait pas en Guadeloupe, c’est-à-dire un endroit où l’on peut voir de la peinture, un endroit pédagogique. L’exposition commence avec une dizaine de tableaux des XVI°, XVII° et XVIII° siècles qui permettent de découvrir les principaux mouvements de la peinture sur ces siècles passés: la Renaissance, le Baroque etc.

Ce sont des œuvres qui n’avaient jamais été exposées?
Ce sont des tableaux qui proviennent essentiellement de ma collection personnelle. A partir du moment où j’ai décidé de faire le musée, il y a maintenant cinq ans, j’ai acheté des œuvres qui me permettaient justement d’illustrer cette histoire. Il y a également des estampes japonaises, des œuvres du XXème siècle qui illustrent l’impressionnisme, le futurisme, la peinture haïtienne…Et des artistes contemporains comme Stan, Piaf, Jean-Marc Hunt, François Piquet, Michel Rovelas… qui nous prêtent une œuvre pour un an.

 

“C’est un peu comme un musée de province…”

 

C’est un musée d’Histoire des Arts, et pas seulement de la peinture guadeloupéenne?
C’est un peu comme un musée de province, comme cela s’est fait à partir du XIX° siècle, dans la plupart des villes de France. On a alors créé de tels lieux pour que la population, les enfants en particulier, puissent découvrir de la peinture de toute époque. Il est certain que nous privilégions les artistes de Guadeloupe, mais aux XVI° et XVII° siècles, il n’y en avait pas. Le premier à être célèbre et né en Guadeloupe en 1760 est Guillaume Lethière dont nous avons acquis une œuvre majeure il y a huit ans: le portrait de Lady Hamilton.

Il y a également des artistes qui ont peint en Guadeloupe lors de leurs voyages?
Effectivement, mais seulement à partir du XIX° siècle, au moment où l’on commence à sortir des ateliers. Même si les artistes faisaient des croquis sur le terrain, ils ne peignaient pas en extérieur. La peinture dite “sur le motif” est apparue au milieu du XIX° siècle avec l’invention des tubes de peinture. Rappelons que, jusqu‘au XVIII° siècle, le peintre était un artisan qui peignait sur commande, pour un bourgeois, un noble ou l’Eglise qui était l’un des principaux commanditaires.


On suit donc un parcours chronologique dans le musée?
Effectivement, après les œuvres des XVI°, XVII° et XVIII° siècles, on arrive à Guillaume Lethière et ses nombreux élèves parmi lesquels les Guadeloupéens Jean-Baptiste Gibert et Jérôme Lordon. On trouve également une dizaine d’œuvres d’Evremond de Bérard, un autre peintre guadeloupéen actif au milieu du XIX° siècle. C’était un peintre voyageur, un “reporter”, car à l’époque on ne savait pas encore imprimer les photographies, et il a sillonné la planète et rapporté des gravures, des illustrations qui étaient incorporées dans des revues destinées au grand public.

C’est donc un pari que d’attirer le public qui fréquente la Marina pour se divertir dans un musée pour se cultiver…
Oui, c’est justement pour que le public découvre la peinture et des peintres nés en Guadeloupe. Pour les élèves et la population locale, il me semble important de pouvoir y accéder.

MUSÉE DES BEAUX ARTS
Contact: 05 90 28 43 18
Facebook: Musée Des Beaux-Arts De St-François

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