Son talent s’exprime aussi bien sur les murs, que sur la toile ou les corps. Steek enrichit l’univers du Street art et dévoile ses dernières créations à la Galerie T&T jusqu’au 11 décembre.

Tu te définis comme un autodidacte, c’est en regardant les murs et les graffeurs en action que tu as appris toi-même?
La rue est la plus belle et grande galerie au monde, c’est effectivement en voyant les graffitis sur les murs que j’ai eu envie d’essayer. Puis, le temps faisant bien les choses j’ai appris des graffeurs “old school” Guadeloupéens (Warner, Dougy, Basik, Clek, D-Tone, Xela, Locks, Tek…) et internationaux (Noé Two, Mist, Done, Ceet, Keag, Marko 93, Pest) avec lesquels j’ai eu la chance de peindre mais aussi et surtout, des membres de mon crew qui m’ont transmis les codes et la technique. Je n’ai pas pris de cours “institutionnels”, j’ai appris dans la rue grâce à tout ce beau monde mais aussi de mes erreurs. Donc oui, je me définis comme un artiste autodidacte.

 

“… l’art n’est pas encore vu comme autre chose qu’un hobby.”

 

 
Tu es également bodypainter, un art très éphémère… Cela demande un contact particulier avec ton “sujet”, comment choisis-tu ces personnes?
Le bodypainting est un art encore plus éphémère que le graffiti mais demande une plus grande préparation que ce dernier. L’artiste ne se retrouve pas juste face à un support qu’il doit peindre mais avant tout face à un être humain. Il doit trouver les bons mots, pour expliquer sa démarche, le déroulement de la séance, en montrant ce qui va être fait, en faisant signer un contrat en bonne et due forme, toujours dans le but de mettre le modèle à l’aise, mais aussi pour créer une véritable connexion avec les acteurs de la séance. Le choix du ou des modèles se fait en fonction de ce que l’on souhaite avoir comme résultat final, de ce fait les caractéristiques du corps deviennent des critères (cheveux, couleur de peau, taille, genre etc).

STEEK Drawing - John
Tu t’es classé à la quatrième place lors des championnats du monde de bodypainting en 2014, sur quels critères se déroule cette compétition? Quelles motivations pousse un artiste à y participer?
Mon objectif est de pouvoir un jour ramener un trophée en Guadeloupe, j’y étais presque l’an dernier avec cette 4ème place, et cette année, j’étais premier au classement des qualifications mais hors du podium après la finale. Les critères sont le traitement du thème, la vue d’ensemble et la qualité technique, généralement jugés par huit jurés venus du monde entier. La compétition se déroule sur deux jours et les thèmes sont donnés des mois à l’avance afin d’être prêt le jour J. Ils viennent de sortir pour 2016: Propaganda – Control of the public mind et pour la finale: Metamorphosis – the art of transformation.

 
Tu passes beaucoup de temps à Montréal, en quoi la culture du “Street art” est-elle différente là-bas?
A Montréal, le Street art fait partie de l’économie du pays, ce qui n’est pas encore le cas chez nous. En Guadeloupe, le Street art ou le graffiti sont encore beaucoup associés à l’art décoratif (rivière, coucher de soleil, papillons etc), ce que je respecte mais qui ne représente pas à mes yeux le Street art. Le problème vient aussi du fait que l’art n’est pas encore vu comme autre chose qu’un hobby. Des gens me demandent encore quel est mon vrai métier! A Montréal par exemple, tout commence toujours à l’heure: les artistes, les organisateurs, les sponsors, les institutions et le public sont prêts à temps. Cela peut sembler anodin, mais cela engendre automatiquement du respect des uns vis-à-vis des autres, et qui dit respect dit considération. L’art y est considéré comme respectable et peut beaucoup plus facilement faire partie intégrante de la vie du pays.

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