Ancienne gymnaste, Sophie Jacquin a découvert l’apnée dans les eaux turquoises de la mer des Caraïbes. Elle est devenue le mois dernier vice-championne du monde en profondeur.

Comment as-tu découvert l’apnée? Qu’est-ce qui t’a plu dans ce sport?
J’ai longtemps pratiqué la gymnastique. En arrivant à Basse-Terre en 2007, j’ai cherché s’il y avait un club, mais mes recherches sont restées vaines. J’allais régulièrement au phare de Vieux Fort pour faire des pirouettes aériennes et aquatiques et plonger dans le bleu profond de la mer des Caraïbes. J’avais 29 ans en 2009 quand on m’a proposé de rejoindre le club d’apnée qui se montait au CNRBT. Les rencontres faites au phare lors de plongées loisirs en snorkeling sont à l’origine de toutes mes performances de ces dernières années. Ce qui m’a plu dans ce sport, c’est avant tout ce mélange de relâchement et de détermination qu’il requiert. Et contrairement à la gymnastique, sous l’eau, on ne pèse rien, le corps est libre d’aller dans les trois dimensions.

 
Tu pratiques l’apnée dynamique (palme et mono palme) et statique: dans laquelle des deux te sens-tu le plus à l’aise?
J’ai commencé en 2009 par les épreuves en piscine et ce jusqu’en 2012 où je me suis orientée vers les épreuves en mer. En piscine, j’ai obtenu le record du monde CMAS en 2011 avec un temps de 6’38 mais ce n’est étrangement pas la discipline qui m’attire le plus. Les épreuves de dynamique palme et sans palme sont toutes deux très intéressantes en terme de glisse subaquatique. Aujourd’hui, que ce soit en mer ou en piscine, je réussi davantage à percer sur les épreuves sans palme. Je suis vice-championne du monde CMAS en profondeur depuis le mois dernier, et détentrice des deux records de France en piscine et en mer. Le sans palme peut être considéré comme la discipline la plus pure dans la mesure où l’apnéiste ne compte que sur sa force sans user “d’artifice”.

 

“Je ne considère pas pratiquer un sport extrême…”

 

 
L’apnée en immersion libre et l’apnée No Limit (celle par laquelle les plus grandes profondeurs sont atteintes), exigent des normes de sécurité pour les pratiquants. D’ou viennent les financements pour assurer cette logistique humaine?
Il est tout à fait juste de souligner que les épreuves qui se déroulent en mer nécessitent une logistique de précision, que ce soit au niveau matériel ou au niveau humain. Lors de mes entraînements, j’ai besoin d’être accompagnée par au moins cinq apnéistes pour une descente à plus de 50 mètres. Pour le matériel, le CNRBT met à disposition des apnéistes un bateau équipé d’une potence à l’avant sur laquelle nous installons le câble le long duquel nous descendons; nous disposons également d’un bloc d’oxygénothérapie en cas de besoin. Les financements viennent soit de sponsors privés, soit de la FFESSM, soit du club lui même. Et parfois nous en sommes de notre poche pour l’essence du bateau par exemple.
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Est-ce que l’apnée est considérée comme un sport extrême?
Considérée comme telle oui, parfois, mais est-ce la réalité? Le grand public a soit l’image d’apnéistes prêts à tout pour battre le record des autres, descendre au plus profond à tout prix, soit l’image de yogis ascètes qui vivent de privation, or c’est loin d’être mon cas. La plupart d’entre nous évoluons avec beaucoup de sagesse, d’humilité, de respect de soi-même et des autres tout en gardant à l’esprit que nous ne sommes pas des “meriens” et que les terriens que nous sommes ont besoin aussi de vivre normalement. Bien que l’apnée puisse procurer des sensations inouïes lors d’une descente, je ne considère pas pratiquer un sport extrême. Marginal, peut-être, mais pas extrême, tout est mesuré.

Tes prochains objectifs?
Le mois à venir sera consacré à la récupération, tout en retrouvant les copains dans la piscine de Rivière des Pères. Après, j’aviserai selon le calendrier qui sera proposé. Mais j’ai déjà eu confirmation de la tenue de la Caribbean Cup au Honduras au mois de mai 2016. J’avais pris beaucoup de plaisir à cette compétition en 2014. Je vais donc reprendre les chemins de la profondeur dès que possible!

SOPHIE JACQUIN
Facebook officiel: Sophie Jacquin
C.N.R.B.T.
Tel: 05.90.81.30.38

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