Ces engins miniatures sont devenus la passion de Guy Vivies, fondateur de GSFWI Modélisme, qui développe aujourd’hui ce loisir en Guadeloupe pour permettre son accès au plus grand nombre.

Comment as-tu découvert le modélisme?
J’ai découvert le modélisme à La Grande Récré, il y a sept ans. C’était avec un ami, nous avons voulu délirer en achetant une voiture radio commandée, mais c’était trop lent car c’était un jouet. J’ai donc commandé un article de modélisme sur Internet, et c’est vraiment là que la passion est née. Au bout de quelques commandes,  je me suis rendu compte que le coût de revient était intéressant, et me suis demandé pourquoi les distributeurs ici faisaient autant de marge.  Je me suis lancé le défi de proposer le modélisme à prix métropole.

Qu’est ce qui est considéré comme modélisme?
Moi je fais du modélisme RC, c’est à dire radiocommandé. Le modélisme est un produit qui est réaliste, qui est surtout évolutif et réparable.

 
Quels sont les différents types d’appareil disponibles?
Il y a tout ce qui est naval (bateaux, sous marins, planches à voile), tout ce qui est roulant (voiture, monster trucks, roller, buggy, truggy, camions, engins, motos, quads…) En fait, tout ce qui existe en échelle 1/1 existe en modélisme.

 

“…aujourd’hui c’est le modélisme qui impulse les nouvelles échelles 1/1 ”

 

Même les fusées?
Oui, mêmes les fusées. Tout a été représenté et on peut d’ailleurs remarquer qu’aujourd’hui, c’est le modélisme qui impulse les nouvelles échelles 1/1, l’exemple le plus populaire étant le drone qui transporte maintenant des personnes. C’est exactement la même technologie et les mêmes batteries que l’on retrouve dans l’échelle 1/1. La technologie du modélisme équipe beaucoup de choses, les perceuses de nouvelles génération sans charbon ce n’est rien d’autre qu’un moteur Brushless, les réfrigérateurs silencieux, c’est un moteur Brushless, etc…

Qu’est ce qu’un moteur Brushless ou sans balais?
C’est un moteur qui n’a pas de charbon. Il comporte les mêmes comporte les mêmes éléments qu’un moteur à courant continu, excepté le collecteur, le rotor est composé d’un ou plusieurs aimants permanents, et le stator de plusieurs bobinages. Il n’y a pratiquement plus d’usure (principal défaut des moteurs à charbon), hyper silencieux, beaucoup plus coupleux, jusqu’à 45%. Pour qu’un moteur Brushless ait un vrai rendement, il lui faut des batteries Lithium Polymère (LiPo), avec la bonne décharge.

 
Donc le modélisme avec moteur thermique est d’une autre époque?
Cela disparaît de plus en plus, bien que ce soit resté la technologie la plus performante pendant longtemps, le thermique a été détrône. Mais ca reste une technologie qui continue d’évoluer, aujourd’hui nous sommes sur des moteurs thermiques Injection.  Avant, pour avoir un moteur qui fonctionnait au sans plomb il fallait avoir les 1/5ème (les moteurs de débroussailleuses). Aujourd’hui, on peut en trouver en 1/8ème qui fonctionnent à injection et au sans plomb. Ce qui donne aujourd’hui une performance avec 1 ou 2 kg de couple supplémentaire et quand même une pointe de 20km/h supérieure à ce qui se fait habituellement… Mais rien ne détrône le moteur Brushless à mon sens.

Pour revenir sur le “drone”, cela a donc commencé par le modélisme parce que à grande échelle un drone c’est tout autre chose…
Le vrai nom est Quadcoptère.

Sa démocratisation fait l’objet de règlementation très stricte sur la vie privée – il n’existait pas de législation pour les hélicoptères par exemple?
Cela n’existait pas du tout. C’est comme tout, dès qu’il commence à y avoir un excès on crée un loi pour gérer le truc. Pour les drones, c’est parti tellement vite et c’est devenu du grand n’importe quoi. Ils ont dû créer une législation qui a très vite sévit. Avant, nous avions une hauteur de vol autorisée de 150 mètres pour le loisir et jusqu’à 1km pour les professionnels. Nous sommes passés à 40/50 mètres avec de vraies sanctions en cas de non respect. Cette législation est disponible en Préfecture ou sur Internet. La démocratisation a fait qu’il y a eu plusieurs types de drones qui sont arrivés, le quadcoptère, c’était juste 4 hélices qui volaient tout simplement. Aujourd’hui, nous pouvons parler de vrais drones, l’appareil est capable de suivre un plan de vol avec une autonomie énorme, de 30 minutes à 1heure, il est autonome. De là est né le drone de loisirs, le drone de prises de vue, et celui de courses. Et c’est ce dernier qui est devenu une activité sportive. Il y a des professionnels du pilotage, c’est ce que nous appelons le FPV Racer. C’est de la course en immersion faite par des drones qui dure 2/ 3minutes à une vitesse allant de 70 à 90 km/h. C’est très court, mais en immersion totale on a l’impression que cela dure beaucoup plus longtemps.

C’est Star Wars!
Cela va très vite! Là-dessus, nous avons beaucoup de machines qui naissent pour cette discipline. Une salle devrait ouvrir au Lamentin en partenariat avec nous. Dans tous les autres pays, ça cartonne. Avec les lunettes, les résolutions, des machines de plus en plus robustes et démontables. C’est rapide, il y a donc énormément de crash et il faut des machines qui se réparent à la seconde.

 
Vous organisez également des compétitions?
Nous avons créé une discipline qui existe aux États-Unis et en Guadeloupe, c’est la Drag RC. C’est  le même principe qu’aux Etats Unis mais au lieu de le faire sur 25 mètres, nous le faisons sur 100 mètres. Nous avons des véhicules qui vont au-delà de 200km/h en 3 ou 4 secondes. Ce sont dés véhicules qui sont modifiés et préparés sur place.  Mais il existe tellement de discipline dans le modélisme, toutes plus folles les unes que les autres, il y a le Full Pull, c’est entre deux monsters trucks sur la base du bras de fer, il y a des compétions de Jump (celui saute le plus haut).

C’est à l’échelle 1/8ème?
On a commencé sur l’échelle 1/10ème mais c’est trop petit, donc la Drag se fait surtout sur des véhicules entre 1/8ème et 1/5ème. Et ce sont ces derniers qui en général bénéficient de moteurs de 10 chevaux voir plus. Il y a une programmation, une cartographie de fonctionnement, tout est travaillé, pneumatiques, amortissements, châssis. Tout est modifié sur place mais tout n’est pas fabriqué ici pour une raison de cout.

 

“Le modélisme est un produit évolutif et réparable.”

 

Existe-t-il un profil type de pratiquant?
Ça n’existe plus. Avant notre venue, il fallait être “embourgeoisé”, ou économiser pendant longtemps parce que les prix démarraient à 400 ou 600 euros, alors qu’aujourd’hui à partir de 29 euros on peut s’offrir quelque chose.

Y a t-il beaucoup de femmes?
Très peu de femmes s’intéressent au modélisme.  Chez nous, ça reste quand même garçons, les voitures, c’est dans nos mœurs, très peu de femmes osent venir découvrir. Alors qu’il n’y a pas de raison. Dans le monde il y a des championnes de modélisme. Ici ça se compte encore sur une main.

Quelles sont les sensations que procure le modélisme?
Pour moi ce sont les mêmes sensations que si l’on s’occupait d’une vraie voiture, en miniature. On y fait attention, on la bichonne et on en est fier quand elle gagne une course. Quand on pilote une voiture de Drag par exemple, c’est exactement pareil que si nous étions à l’intérieur, c’est juste que nous ne recevons par les jets directement. C’est le même stress.  Aujourd’hui nous avons de plus en plus de caméras embarquées dans les véhicules et prochainement, les courses se feront avec des lunettes immersives pour procurer encore plus de sensations de vitesse.

C’est aussi la possibilité d’avoir un véhicule qui serait en général inaccessible à 95% des gens.
Oui. Il y a beaucoup d’amis qui faisaient beaucoup de vitesse sur la route et qui maintenant se lâchent totalement sur le modélisme à donner plus de performance. Cela peut même servir pour la prévention, il y a un centre de formation pour les mécaniciens en pneumatique équipé avec nos véhicules, pour voir tous les réglages.

 
Les constructeurs automobiles fabriquent-ils également des modèles?
Non, mais par contre elles donnent leur accord pour reproduire les carrosseries. Comme pour les camions etc… Les moteurs, ce sont des moteurs types et nous avons des pionniers dans la fabrication.

Pour les prix, tu disais que ça commençait à 29 euros. Quels sont les plafonds?
Cela va jusque 10.000 euros et plus. On peut prendre le cas de la montgolfière, c’est au minimum 6.000 euros. C’est de la miniaturisation mais avec de vrais brûleurs, un vrai ballon de 6 mètres (qui est la taille minimum), tout y est. Le modélisme est un produit évolutif et réparable, j’ai des produits qui ont sept ans et qui fonctionnent très bien, alors qu’un jouet à une durée de vie qui dépasse rarement six mois, même si l’on en fait bon usage.

GS FWI MODÉLISME
Facebook: GS FWI Modélisme

Texte: David Dancre

 

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