Depuis quelques mois, l’association Slackool propose au grand public de s’initier à la Slackline, en s’aventurant sur des sangles tirées entre deux arbres. Olivier Jeangoudoux et Clément Huguenot nous expliquent pourquoi cette activité est parfaitement adaptée à notre environnement.

Depuis quand votre association existe-t-elle? Qu’est-ce qui vous a motivés à la créer?
Depuis février 2015. Nous avons voulu regrouper tous les pratiquants qui étaient isolés, pour nous retrouver d’abord, puis pour faire découvrir cette activité car elle attire beaucoup de personnes, que ce soient des résidents ou des touristes. C’est une activité supplémentaire à pratiquer sur la plage. Il y a les arbres, le soleil… tout ce qu’il faut pour pratiquer. Nous avons eu envie d’amener cette activité en Guadeloupe.

La Slackline trouve-t-elle ses origines dans le funambulisme?
Cela vient plutôt de l’escalade, l’idée est venue de grimpeurs qui entre leurs séances marchaient sur leurs bouts de sangles restant pour s’entraîner, faire un peu de yoga… Par la suite, il y a des gens du cirque qui l’ont utilisée mais cela n’a rien à voir avec le funambulisme, que ce soit au niveau des sensations, le fait de marcher sans balancier notamment, mais aussi parce qu’un funambule marche sur un câble d’acier, donc beaucoup plus dur.

 

“C’est une activité qui ne demande pas d’acheter un équipement sportif… cela ne fait pas de bruit, ne pollue pas.”

 

La pratique nécessite-t-elle une sangle adaptée ou peut-on bricoler simplement son propre matériel?
Non, on a tendance à croire qu’on pourrait acheter n’importe quelle sangle mais on ne pourrait pas l’étirer à l’horizontale, elle ne supporterait pas la tension. Il y a plusieurs tailles adaptées aux différentes formes de slackline, certaines sangles larges sont fabriquées pour effectuer des sauts, d’autres pour marcher sur de courtes distances.

Cela requiert-il des capacités physiques et mentales particulières?
Pas forcément au début, mais justement l’activité permet de les travailler. Elle développe  par exemple la concentration (on est obligé de se concentrer pour y arriver), la proprioception (le fait de ressentir la position de ses membres). Poser ses pieds et avancer sur quelque chose qui n’est pas stable, cela oblige à trouver son centre de gravité. Cela développe aussi la motricité sensorielle.

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Pour un débutant, cela peut être très frustrant car on y arrive rarement dès la première séance. Est-ce comme en vélo, il y a un déclic à un moment donné?
Il faut vraiment connaître les mouvements de base : se tenir bien droit, lever les bras en hauteur, regarder le plus loin possible, fléchir un peu les jambes, positionner son bassin bien droit, prendre sa respiration et resté concentré. Quand on arrive à grouper tous ces éléments cela va très vite.

 
Est-ce que certains sports préparent ou permettent d’être à l’aise plus rapidement?
C’est plus une notion d’équilibre que de sport. Beaucoup de personnes ont des années de surf ou d’escalade mais n’apprennent pas plus vite. Les pêcheurs ici en revanche sont souvent très à l’aise… Tout le monde peut y arriver, sportif ou non, c’est juste une question de temps et d’envie.

Quelles sont les différentes pratiques possibles en slackline?
Il y a la slackline pour marcher, la trickline pour commencer à faire de petites figures, des tours… La waterline se pratique au-dessus de l’eau et la highline en hauteur. La jumpline consiste à réaliser des figures acrobatiques.

Est-on assuré lorsqu’on pratique en hauteur?
Oui, on est attaché avec un baudrier. C’est la sécurité avant tout.
Cela rappelle un peu les parcours en accrobranche, on est dans la nature, on circule entre les arbres…
Exactement. Cela peut d’ailleurs s’intégrer à un parcours d’accrobranche.

A partir de quel âge peut-on s’initier?
Dans l’association, on commence dès 10 ans, mais dans le cadre de nos interventions lors d’événements, on peut prendre en charge les enfants à partir de 4/5 ans.

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Il y a un aspect social et éducatif dans votre démarche, comme lorsque vous intervenez auprès des enfants des cités?
Oui, nous sommes intervenus dans le quartier des Lauriers, grâce à cela nous allons passer dans les écoles à partir de la rentrée prochaine. Cela permet aux gens de se rencontrer, que ce soient les jeunes des quartiers ou ceux de la plage, cela crée un phénomène, une petite animation.

S’agit-il d’un sport d’exhibition ou bien peut-il déboucher sur d’autres perspectives (compétitions, niveaux à franchir…)?
Aujourd’hui, il n’y  a pas encore de réglementation, hormis pour la jumpline où des compétitions existent déjà. On est alors noté sur des figures acrobatiques. Mais pour ce qui est de marcher, il y a des records mais pas vraiment de compétition. Plus la pratique sera promue, plus il y aura de gens pour pratiquer et l’on pourra alors créer une fédération pour encadrer la pratique et divulguer les aspects sécuritaires, un travail que l’on met déjà en place.

La plage est-elle le terrain le plus adapté?
Absolument, la chute est moins méchante sur le sable. Les cocotiers sont beaucoup plus solides que certains arbres en forêt, parfois la tension peut casser des arbres, il faut les connaître pour éviter cela. Mais les cocotiers résistent aux cyclones!

Vous répondez à un réel besoin, car au bout d’un moment rester sur la plage à ne rien faire, cela finit par ennuyer.
Tout à fait. C’est une activité qui ne demande pas d’acheter un équipement sportif, qui peut se pratiquer en plein air, cela ne fait pas de bruit, cela ne pollue pas. Nous avons aussi une pédagogie car nous replantons les arbres, ce sont nos outils de travail.

De quels soutiens auriez-vous besoin actuellement?
Nous sommes à la recherche d’un terrain, nous aimerions pouvoir y installer des poteaux pour venir régulièrement poser des sangles. Des partenariats sont en train de se mettre en place avec des communes. Dans le cadre scolaire, nous pouvons intervenir régulièrement. Nous cherchons aussi des sponsors qui nous permettraient de développer l’activité, d’acheter de nouvelles sangles…

SLACKOOL
Facebook officiel: Slackool
Contact : 06.51.04.14.21/ 06.90.18.68.78
E-Mail : slackool.contact@gmail.com

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