Fany Lumière et Ambre Pitaud-Boulate ont participé pour la deuxième fois à un rallye exclusivement féminin, à travers le désert marocain. Nous les avons rencontrées juste avant leur départ pour cette compétition.

Comment vous est venue l’idée de participer à cet événement?
Ambre: C’est Fany qui a eu envie de faire le Rallye.
Fany: Je trouvais l’idée intéressante, cela permettait de sortir un peu de la Guadeloupe et l’expérience d’une telle aventure bien entendu est enrichissante.
Ambre: Elle s’est retrouvée sans gazelle pour faire le rallye et m’a proposé de la rejoindre. Je l’ai suivie tout de suite car je trouvais l’idée super. C’était un peu sur un coup de tête, mais je ne regrette rien.

Vous avez donc trouvé tous les sponsors nécessaires pour financer votre participation?
Fany: Nous n’avons eu aucune difficulté l’année dernière à trouver des partenaires, tout était du pain béni… Sauf la voiture qui a eu quelques soucis mécaniques.
Ambre: C’est une expérience qui nous a permis de rencontrer des gens intéressants, de découvrir le circuit, le fonctionnement du rallye.

 

“ C’est un rallye à l’ancienne, à la boussole, sans GPS.”

 

 

C’est une compétition tout de même.
Ambre: C’est une compétition, mais nous n’étions pas trop dedans, très rapidement on a cassé le véhicule, nous nous sommes mises en retrait ou plutôt la voiture nous y a un peu forcées… Nous avons eu de la chance car l’organisation a bien vu et compris que ce n’était pas de notre faute. Mais lors du prologue nous étions arrivées 3èmes sur la totalité des véhicules (environ 120).
Fany: Il n’y a pas que les 4×4, il y a aussi les quad, les motos, les buggys, les Crossovers et les camions. Tout est mélangé, mais le classement se fait par catégorie. Et ce ne sont que des femmes qui participent.

Quelles sont les compétences requises pour participer au rallye? Vous n’aviez pas de formation de pilote?
Ambre: Pas du tout. On a fait un stage de pilotage qui est obligatoire pour la compétition ainsi qu’un stage de navigation car c’est un rally à l’ancienne, à la boussole, sans GPS. J’ai donc appris la navigation avec Luc Coquelin, Fany a également pris quelques cours. Dès le stage de pilotage, nous nous sommes répartis les rôles, elle pilote et moi je suis à la navigation. Même si nous avons une volonté de pouvoir échanger les rôles dans le cas où ce serait nécessaire. Nous sommes allées au Maroc faire une partie du circuit auquel nous avons été ensuite confrontées.

Vous êtes allées voir un marin pour préparer un rallye!
Ambre: La navigation dans le désert, c’est comme en pleine mer.  On a les mêmes repères que les marins. Naviguer dans le brouillard, c’est comme rouler dans une tempête de sable. La plupart des filles qui ont gagné le rallye sont des navigatrices, ce qui est un atout majeur dans ce genre de compétitions. Donc oui, nous avons choisi Luc Coquelin pour être conseillées afin d’être plus performantes.

 
Vous repartez au mois de mars pour une deuxième participation, avec un peu plus d’ambition?
Fany: Oui, nous n’avons pas le choix, nous avons Guadeloupe 1ère qui part avec nous, il va donc falloir être “au top”.
Ambre: Il est vrai qu’on l’envisage différemment. Il faut surtout essayer de ne pas avoir de casse comme on l’a eu. Pour ma part, j’y vais avec beaucoup moins d’appréhension, moins de stress, moins de pression. Est-ce un bien ou pas, l’avenir nous le dira. On a déjà des repères, on sait comment se passe les bivouacs, on connaît l’organisation…
Fany: Nous ne sommes plus dans la première aventure, nous savons maintenant que nous sommes capables de faire quelque chose. Plus sereines, nous pouvons nous concentrer sur l’essentiel et d’aborder le statut de compétitrices avec confiance.
Ambre: On y va donc pour se “tanker” dans le sable, manger de la boue, pousser le véhicule! On dit que le rallye des gazelles c’est dépasser ses limites… Moi je n’ai pas l’impression que l’an dernier nous ayons dépassé nos limites physiques, mais davantage nos limites psychologiques.
Fany: Moi, j’ai dépassé toutes mes limites dans le désert.

 

“Nous sommes les seules participantes de la Caraïbe.”

 

Vous reprenez le même véhicule?
Fany: On fait confiance à la même personne qui nous loue le véhicule, et cette année nous aurons d’ailleurs une voiture neuve.
Ambre: Donc si il y a des soucis, ce sera de notre responsabilité.

Quels sont les équipements à avoir en plus du véhicule?
Fany: Des pelles, des roues, des crics, des cordages, et puis tout notre équipement: la boite à pharmacie, nos sacs, nos duvets, nos tentes, notre nourriture, des pacs d’eau, car si on ne peut pas rentrer le soir, il faut pouvoir être autonome.


Quel est le budget pour participer?
Fany: Il faut compter 70.000 euros. Les frais d’inscription l’année dernière se montaient à 18.000 euros, et vu que nous avons remporté le prix de la plus belle voiture – elle était “habillée” de madras -, l’inscription nous a été offerte cette année. Nous avons déjà du matériel ce qui divise le coût presque de moitié. Le plus cher, c’est de venir de Guadeloupe jusqu’à Nice, ensuite toutes les participantes sont prises en charge par l’organisation. Nous sommes les seules participantes de la Caraïbe. C’est important pour nous de représenter la Guadeloupe dans de bonnes conditions. Nous avons envie de montrer que les femmes guadeloupéennes sont des “femmes debout”, elles peuvent être chefs d’entreprise ect… Il faut avoir l’ouverture d’esprit d’aller découvrir ce qui se passe ailleurs et surtout se donner les moyens d’y aller.

Vous étiez-vous déjà imaginé participer à ce type d’événement?
Fany: Toujours! Je suis issue d’un milieu sportif depuis très jeune et c’est peut être ça qui m’a guidé jusque ici. Pour les gens qui me connaissent, il n’y a rien d’étonnant.
Ambre: Depuis toute jeune, je voulais faire le Paris-Dakar, à l’époque de Thierry Sabine, Daniel Balavoine, les tous premiers rallyes. Dans le Rallye des Gazelles, il y a une part d’humanitaire, quand nous courons l’organisation s’occupe des gens qui n’ont pas se soins médicaux. Ce rallye est une belle aventure humaine et l’opportunité de promouvoir la Guadeloupe autrement.

LES GAZELLES DES ÎLES
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Texte: David Dancre

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