Sa famille a racheté le domaine sur lequel est produit l’un des rhums agricoles les plus prestigieux de Guadeloupe. A Capesterre-Belle-Eau, Nicolas Longueteau nous fait pénétrer dans ce milieu raffiné.

Longueteau est une société familiale à la tête de laquelle on se succède de père en fils. A quel âge avez-vous commencé à y travailler?
Au départ, on ne nous a jamais forcés à y travailler et plutôt incités à aller voir ailleurs. Depuis deux ans, je suis revenu après mes études. Mon grand frère s’occupe du marketing, j’ai un Master en Finance. Mais je m’occupe surtout de la production, je travaille à la distillerie et dans la plantation.

Combien de personnes employez-vous? La filière rhum est-elle encore créatrice d’emplois?
Nous avons une vingtaine d’employés toute l’année. Il y a des mécaniciens, des chauffeurs de tracteurs, certains sont à plusieurs postes dans la distillerie ou les plantations. On est sensés recruter dans peu de temps, mais sinon, il n’y a pas beaucoup d’emplois qui se créent dans le rhum.

 

“Nous vendons un produit de connaisseur qui possède une certaine classe…”

 
Vous travaillez uniquement la canne issue de votre domaine, comment la sélectionnez-vous?
Il y a des cannes connues pour être bonnes dans le rhum, nous travaillons uniquement avec la bleue et la rouge. Ce sont deux espèces réputées pour être parfumées, très fruitées. Il existe des centaines de variétés de canne, certaines sont par exemple plus résistances aux intempéries, c’est comme cela qu’on les sélectionne.
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A quelle hauteur exportez-vous votre production? Vers quelles destinations hormis l’hexagone?
Aux alentours d’une centaine de milliers de bouteilles par an. Nous sommes dans une vingtaine de pays, en Italie, Belgique, Espagne, Allemagne, dans plusieurs pays d’Afrique comme Madagascar, au Canada, en Guyane…

Vous accordez beaucoup de soin au “packaging”, est-ce votre façon de vous différencier pour attirer une autre clientèle?
En Guadeloupe, on a mis du temps à se dégager du lot et sortir de la simple bouteille d’un litre. Nous avons lancé des bouteilles de 70 cl, beaucoup plus fines et jolies, avec un verre plus épais qui conserve mieux le rhum et un bouchon en liège plus qualitatif. Nous essayons de nous placer dans un produit haut de gamme, c’est nous-mêmes qui le vendons et prenons soin de son image.

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Dans les régions viticoles françaises, on pratique un tourisme culturel/gastronomique autour des grands crus: est-ce quelque chose qui se fait en Guadeloupe autour du Rhum ou aurait vocation à l’être?
Les rhums vieux sont très à la mode, nous allons effectivement mettre en avant ce genre de produit.

D’une façon générale, quel regard portez-vous sur les campagnes de sensibilisation aux dangers de l’alcool?
Cela se sait depuis longtemps qu’il faut consommer avec modération. Ce n’est pas parce que nous produisons du rhum que nous voulons que les gens se saoulent! Nous avons une image de marque et ne pouvons faire n’importe quelle publicité, inciter le jeune à consommer… Nous vendons un produit de connaisseur qui possède une certaine “classe”.

LONGUETEAU
Site officiel : www.rhumlongueteau.fr

 

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