Julie Sinitambirivoutin et Sébastien Nilor sont les fondateurs d’Otencia, une société basée au Canada qui conçoit des produits capillaires dédiés aux cheveux afro et métissés. Ces deux jeunes entrepreneurs nous font part de leur expérience.

Cela fait un an depuis la création de votre société que vous vendez vos produits en ligne, pourquoi avoir choisi cette forme de vente plutôt qu’une distribution en magasin?
A notre lancement, nous avons choisi la vente en ligne car c’est une façon relativement économique de vendre un produit, tout en ciblant un large public. En travaillant avec des partenaires clés tel que Amazon et Relay shop USA pour la distribution, nous sommes capables de toucher des clients partout dans le monde. Toutefois, du fait que nous soyons originaires des Antilles, il était important pour nous que nos produits puissent être facilement accessibles à notre clientèle dans ces régions. C’est pour cette raison que nous avons également voulu développer la distribution de nos produits dans le réseau des pharmacies en Guadeloupe, Martinique et Guyane. Vous pourrez trouver toutes les adresses des points de vente sur notre site internet www.curlsvitamins.com Nos produits sont aussi disponibles dans les salons Inhairitance à Montréal, à la boutique le Curlshop à Paris et nous avons récemment commencé à travailler avec le salon O’Natty à Paris spécialisé dans le soin des locks.

 

“ En matière de recherche sur les cheveux afro et métissés, il reste encore beaucoup à découvrir.”

 

Pourquoi une nouvelle marque de produits capillaires sur un marché déjà très concurrentiel?
Ce que l’on observe, malgré la multitude de produits qui se retrouvent sur le marché, c’est que beaucoup de personnes ont encore du mal à aimer leur cheveux, à savoir de quoi ils ont besoin pour être en bonne santé, et à trouver les bons produits pour les coiffer au quotidien. Il y a donc un vrai besoin à combler. Les habitudes capillaires ont énormément évolué ces dix dernières années, de même que les exigences des consommateurs vis-à-vis de la composition des produits. L’industrie cosmétique s’ajuste au fur et mesure à ces nouveaux facteurs, mais en matière de recherche sur les cheveux afro et métissés, il reste encore beaucoup à découvrir. Et c’est justement cette expertise que nous développons pour offrir à nos clients des produits innovants qui répondent à leur besoins spécifiques et qui leur permettent d’atteindre le Bonheur Capillaire.


Sur le site Internet d’Otencia on trouve trois gammes (pour cheveux afro et bouclés, les locks et les extensions). Ces produits s’adressent donc en priorité aux cheveux afro ou métissés, en quoi diffèrent-ils des autres dans leur composition?
La fibre capillaire se compose de deux éléments majeurs: le cortex au milieu qui confère à la fibre la plupart de ses propriétés physiques et mécaniques (solidité, résistance, élasticité), et la couche externe de cuticules qui protège le cortex et son intégrité. Dans le cas des cheveux afro et métissés, plusieurs facteurs naturels dus notamment à la forme du cheveux, diminuent la protection conférée par cette couche de cuticules. C’est pour cette raison que ce type de cheveux peut être facilement fragilisé, et qu’il nécessite une attention particulière en matière de soin. Curls Vitamins est une gamme destinée aux soins des cheveux bouclés, frisés et crépus. Les produits sont enrichis d’un complexe unique de Vitamines que nous avons développé et qui constitue un véritable concentré pour booster la santé des cheveux. Ce complexe est associé aux vertus nourrissantes et protectrices des huiles d’Avocat, Jojoba, Moringa, Olive et Ricin, et du pouvoir super hydratant de l’Aloe Vera.Vitalocs est une gamme destinée au locks à base d’huile de chanvre et de coco. L’Huile de chanvre, extrêmement riche en oméga-3 et 6, permet de rétablir la barrière de protection naturelle du cuir chevelu afin de maintenir l’hydratation, et soulage les cuir chevelus sensibles et irrités. L’Huile de Coco permet quant à elle de renforcer la fibre capillaire en profondeur dès la racine des locks. Lorsque l’on crée des produits cosmétiques, le choix et la qualité des ingrédients sont des critères importants, mais c’est surtout l’alliance de ces ingrédients pour créer la formule, ce qu’on appelle le design cosmétique chez Otencia, qui fait la différence dans l’efficacité et le succès d’un produit par rapport à un autre.

Pour présenter les objectifs de votre société, vous parlez de “bonheur capillaire”, en lien avec l’épanouissement personnel et l’estime de soi. C’est une philosophie de vie tirée de votre expérience personnelle?
C’est une philosophie qui est née de l’observation de l’impact que nos cheveux peuvent avoir non seulement sur notre vie personnelle, mais aussi celles des membres de nos familles, nos amis, et également celle de nos clients. Les cheveux ne laissent personne indifférent. Le Bonheur Capillaire apporte cette notion psychologique qui est liée aux cheveux et sur lequel nous voulons mettre l’accent. Les produits et accessoires capillaires que nous développons sont des outils qui servent à atteindre cet état. Ce que nous voulons offrir à nos clients, c’est une expérience capillaire agréable qui leur permettent de se sentir bien dans leur peau et d’augmenter leur estime d’eux même. Nous avons créé l’association “Le Bonheur Capillaire” qui a pour mission d’encourager la pratique des soins capillaires chez les jeunes enfants, adolescents et adultes, dans le cadre de la valorisation de l’estime de soi. L’association débutera ses activités dans les prochains mois aux Antilles à travers des actions de sensibilisation, d’information et de formation sur le soin des cheveux naturels.

Vous citez également dans cette présentation Henri Ford et c’est au Canada que vous êtes basés. Peut-on dire que vous êtes de jeunes entrepreneurs conquis par le rêve américain? Que trouvez vous là-bas qui n’existe pas ou pas suffisamment dans les territoires français?
C’est surtout inspirant de savoir que les choses sont possibles si l’on s’en donne les moyens. Même si c’est une vérité qui est applicable partout, il est vrai qu’en Amérique du Nord, c’est présent dans la culture. Nous sommes avant tout des entrepreneurs séduits par une opportunité d’affaires et l’ambition de créer quelque chose de plus grand que nous. Quand nous nous sommes lancés, nous n’avons pas réfléchi à savoir si c’était mieux de le faire au Canada plutôt qu’aux Antilles. L’idée de création d’entreprise est née au Canada où nous étions installés, donc c’est là que nous avons débuté notre aventure entrepreneuriale.

 

“L’ouverture d’esprit se gagne à travers les voyages.”

 

Vous êtes tous les deux ultramarins, de Guadeloupe et de Martinique, avez-vous suivi vos études supérieures dans l’un de ces territoires?
Sébastien: J’ai fait quelques mois sur le campus Antilles-Guyane de Martinique en Sciences Economiques juste après mon bac avant d’avoir été accepté à l’université au Canada.
Julie: J’ai effectué l’intégralité de mes études supérieures en France métropolitaine, puis je suis partie au Canada pour y travailler.

 

Dans les années à venir, quels sont les marchés sur lesquels vous souhaiteriez vous installer?
Dans un premier temps nous aimerions continuer à développer les marchés sur lesquels nous sommes déjà, Canada, France et États-Unis. Nous planifions l’année prochaine de développer le marché de la Réunion parce que nous recevons beaucoup de demandes, et le marché africain d’ici 2019-2020.

Quels sont les conseils que vous donneriez à des jeunes intéressés par l’entreprenariat?
Il y a tellement de choses à dire. Ne pas se laisser décourager ni par la bureaucratie des démarches, ni par le manque de connaissance ou de moyens financiers. Aujourd’hui plus que jamais, grâce aux nouvelles technologies, tout est possible pour qui veut entreprendre! Toutes les formations sont là, à disposition, et souvent gratuites. En quelques clics, on peut avoir accès à des tonnes d’informations sur n’importe quel sujet sur lequel on souhaiterait se spécialiser. Il faut en profiter, on peut commencer avec très peu et se débrouiller petit à petit pour grandir. Ne pas avoir peur de voir grand mais de commencer petit. C’est en travaillant sur le projet, mais surtout en agissant que la vision de l’entreprise se précise. Ne pas avoir peur de s’associer ou de demander de l’aide. A nous deux, on forme déjà une équipe très complémentaire, mais en plus, nous avons également un troisième associé et une mini-équipe qui nous aide à gérer depuis nos débuts. Il faut mettre de côté la mentalité qui consiste à essayer de tout faire seul et apprendre à créer des partenariats gagnant-gagnant pour avancer. Et enfin, voyager dès que cela est possible, même si c’est dans les îles voisines. L’ouverture d’esprit se gagne à travers les voyages.

OTENCIA
Facebook: Otencia

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