Ses sablés créoles aux arômes de fruits ou d’épices ont séduit le consommateur en Guadeloupe. Marie-Ketty Bordin, ancien chef de cuisine, raconte les débuts de sa petite entreprise familiale. Une affaire qui valorise les richesses locales et se développe en jouant la carte de la proximité.

Qui est à l’origine de la société? Comment est-elle née?
C’est moi, Bordin Marie-Ketty. Je travaillais à la Cocoteraie, j’étais chef de cuisine, après un licenciement et un an et demi sans emploi, je me suis dit que j’étais prête à travailler pour très peu par rapport à ce que je gagnais avant Je me suis mise à fabriquer des sablés, les ai fait goûter autour de moi, ils ont été appréciés et de là est partie la société. Ce qui était le plus dur pour moi, c’était d’aller vendre le produit. Ce sont deux compétences différentes la cuisine et la vente. En 2011, j’ai commencé à tester les recettes, le vrai départ cela a été en 2013.

 
Combien de personnes sont employées aujourd’hui, quelles sont leurs fonctions?
Je suis toute seule et j’ai mes frères qui m’aident pour la distribution. C’est une histoire de famille.
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D’où vous est venue l’idée des sablés créoles?
Quand j’avais 7 ou 8 ans, je réalisais déjà des petits gâteaux à Marie Galante dont je suis originaire. J’ai préparé un CAP de cuisine, sans vraiment penser à monter mon entreprise. J’ai travaillé dans la gastronomie, mais je pense que c’est avant tout un don qui est m’est remonté, pour exploiter cette richesse.
De quelle façon vous approvisionnez-vous?
Avec les maraîchers de la Grande Terre. Je vais chercher les fruits auprès des commerçants ou des agriculteurs, les épices (cannelle, gingembre) proviennent de Dominique.

“Je ne travaille que des fruits d’ici. Je n’utilise pas de conservateurs”

 
Serait-il possible de réaliser vos produits uniquement avec des ingrédients locaux?
Pour la farine non, avec de la farine de manioc ce serait trop sec. Mais je ne travaille que des fruits d’ici. Je n’utilise pas de conservateur. Je suis toujours à la recherche de nouvelles saveurs, par exemple le curcuma. Depuis un an je cherche à l’intégrer dans une recette, mais cela prend du temps.

Ce sont des choix que vous réalisez en fonction des goûts ou des apports des fruits?
Je connais les saveurs, certains fruits ont plus d’arôme que d’autres. J’ai essayé avec des mangues, mais ce n’est pas possible. Il faut enlever la teneur en eau pour les sablés.

Comment vous développez-vous actuellement?
Nous sommes un peu partout maintenant, dans les magasins de proximité, les supermarchés, les stations services, les boulangeries commencent aussi à nous ouvrir leurs portes. Nous prévoyons aussi de distribuer auprès des restaurateurs, avec de plus petits paquets. Nous réalisons aussi des corbeilles pour les gens qui partent et veulent un offrir un produit vraiment local, avec des confitures… Ce que je ne peux pas faire avec les sablés je le fais avec les confitures, comme avec l’hibiscus. On peut ainsi marier les deux et toaster les biscuits, conjuguer les parfums. J’essaie de valoriser les produits un peu oubliés, les cajoux, les amandes “peyi”, les choses que les gens laissent de côté mais qui sont bonnes pour la santé. Je reviens un peu à la racine.
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La mention “Made in Gwada” sur les paquets correspond à cette idée?
Oui, le pays possède beaucoup de richesses qu’il faut découvrir.

Quelles sont les difficultés lorsque l’on crée  son entreprise?
Elles sont multiples ! Je dirais que c’est d’abord savoir ce que l’on veut, parce que c’est dur. Il faut avoir la force et surtout l’amour de ce que l’on fait, sinon les difficultés vous envahissent. Il faut investir, mettre tout ce que l’on a pour pouvoir commencer, réfléchir à la façon de s’en sortir. Il y a les charges, les contraintes… Il ne faut pas penser tout de suite au gain mais à ce que l’on peut donner.

Vous proposez vos produits à des prix accessibles, la société a-t-elle aussi vocation à fabriquer des produits plus haut de gamme?
Oui, c’est le but d’y arriver, mais je voulais d’abord faire connaître ce produit aux Guadeloupéens et le leur faire apprécier. Si j’incorporais par exemple le cacao dans mes recettes, qui ici est coûteux, ce serait un produit de luxe. Il faudrait des épiceries fines pour le distribuer. Je voudrais garder le produit de base mais en changer l’emballage, le format.

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