Forte de 25 ans de pratique, Sylvie Lozzo s’est installée depuis peu sur la Marina de Saint-François où elle propose tatouages et piercings à un public de plus en plus hétérogène.

Tu es la plus ancienne tatoueuse de Guadeloupe, depuis quand exerces-tu cette activité?
Depuis 1992. Avant, je tatouais les copains, il y a toujours des “cobayes” que l’on tatoue gratuitement. Pendant trois années, je me suis fait la main, comme pour n’importe quel CAP ou BEP, il faut bien trois ans pour se former. Notamment pour apprendre à tatouer les peaux foncées, car personne ne pouvait me renseigner. J’avais un ami de Côte-d’Ivoire, Honoré, qui a subi les sous-couches de blanc pour faire des dauphins bleus clairs, c’était horrible!

Le tatouage était encore marginal à l’époque, comment ta profession a-t-elle évolué?
Déjà, il n’y avait pas de revues de tatouage, pas d’Internet, l’information avait du mal à circuler. On n’avait pas d’idée de ce que faisaient les autres, si ce n’est en allant dans les conventions. A l’époque, on ne tatouait qu’avec une ou trois aiguilles, c’était le balbutiement des peignes dont on se sert pour faire les ombrages. J’avais ma cocotte-minute, qu’on avait aménagée pour stériliser le matériel, avant que le four “Poupinel” existe. Nous avons aussi été les premiers à utiliser des gants.

“ Certains tatouages sont beaux sur le papier, mais il faut que cela convienne à l’anatomie.”

 

Quelles sont tes spécialités?
Je maîtrise bien les couleurs. Les micro-tatouages, tout ce qui se fait aux doigts, aux mains… Je fais en plus le maquillage permanent et le tatouage réparateur. Je travaille avec deux chirurgiens esthétiques et je couvre les cicatrices, ou je crée une auréole mammaire après un cancer du sein. Par la force des choses, je me suis aussi spécialisée dans les recouvrements, car les autres tatoueurs ne savent pas toujours comment s’y prendre. J’aime aussi jouer avec les formes du corps, par exemple quand je fais un tribal, je veux que le tatouage embellisse le corps. Certains tatouages sont très beaux sur le papier, mais il faut que cela convienne à l’anatomie.

Les conseils que tu donnes à tes clients?

J’essaie toujours de comprendre ce que la personne veut et pourquoi elle veut cela. Même si le choix ne me paraît pas toujours bon, je ne vais pas lui proposer quelque chose qui n’a rien à voir avec elle. On est deux à faire le tatouage. Lorsque quelqu’un ne sait pas ce qu’il veut vraiment, je vais lui dire ce qui est en vogue, et chercher ce qu’il n’aime pas. Après, il fait une recherche personnelle et c’est comme cela que le projet se peaufine.


Des goûts plus prononcés ici pour certains motifs?
Pour les touristes, ce sont les hibiscus, les fleurs tropicales, les oiseaux, beaucoup de cartes de la Guadeloupe et tout ce qui est en rapport, la canne à sucre, les tambours, les fruits, des sabres… Ici, il y a aussi beaucoup de motifs religieux que ce soit hindous ou catholiques. Les femmes antillaises sont très tatouées, elles n’hésitent pas à faire de grosses pièces, leur corps leur appartient. Cela commence à venir aussi chez les métropolitaines. Les jeunes hommes font beaucoup de lettrages ou de dessins à caractère “latino”, comme en Californie du Sud.

Une échelle de prix pour un tatouage?
Cela commence à 60 euros. Il faut compter entre 60 à 100 euros pour un petit tatouage. Pour une pièce moyenne et assez bien visible, c’est aux alentours de 200 euros.

SYLVER TATTOO
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Contact: 0590 850 237

Texte: Cee Bee

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