Baigné dans la culture surf depuis son plus jeune âge, c’est sur les spots de Guadeloupe que Léo Paul Etienne a connu ses premiers succès. Une passion que l’actuel champion du monde cadet partage avec beaucoup d’humilité.

Peux-tu te présenter ainsi que ton parcours?
J’ai 15 ans, j’habite à Saint-François, je fais du surf depuis tout petit. J’ai gagné plusieurs fois des compétitions en Guadeloupe, j’ai été vice-champion de France l’an dernier et cette année j’ai gagné les championnats du monde cadet (moins de 16 ans).

Comment se déroule ta scolarité?
Je rentre en Seconde, je vais aller au lycée et essayer de continuer un cursus normal. Depuis tout petit j’arrive à fusionner le surf et l’école. Pour l’instant j’ai entamé une carrière semi-pro, mais j’envisage une carrière professionnelle si je peux.

Quels sont tes sponsors et que te fournissent-ils?
J’ai des sponsors pour les planches (Kazuma, marque hawaïenne), pour les chaussures (Reef), les pads (Arcade),  les leash et les ailerons (Featherfins). Je fais aussi du Stand Up Paddle et j’ai un sponsor, Lokahi qui finance mes voyages. La Fédération Française de Surf m’aide ainsi que la ville de Saint-François et bien sûr mes parents.

 
Le fait que tes parents soient très engagés dans les sports de glisse (maman ancienne championne de Windsurf et papa professeur de sport, pratiquant aussi le surf, le paddle…) a-t-il été un élément moteur pour toi?
Mes parents partaient avec leurs amis surfer le week end, et j’ai commencé à faire du body board dans le shore-break (le rivage où les vagues  cassent, NDLR). Ensuite je me suis levé sur une planche et j’ai continué.

 

 

“Ma vie n’a pas changé quand je suis devenu champion du monde”

 

 

Tu fais partie d’une génération de Guadeloupéens  montante , de plus en plus présente sur la scène nationale et internationale: y en a-t-il parmi les plus grands que tu admires particulièrement ou qui t’ont influencé dans un certain style?
Gatien Delahaie et Timothé Bisso sont de très bons surfeurs, on fait le même circuit de compétition en France et on se retrouve là-bas. Nous sommes cinq à nous retrouver sélectionnés en championnat d’ Europe (Kim Véteau, Tessa Thyssen, Timothé, Titouan Boyer et moi) .

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Lorsque vous vous retrouvez en compétition internationale avec les autres coureurs de Guadeloupe, est-ce que vous essayez de passer du temps ensemble pour vous encourager, ou plutôt de vous mélanger aux autres?
On se mélange car nous ne sommes pas dans les mêmes catégories, mais quand on sait qu’il y a la série de l’autre on va la voir.

 
Tu es mineur et amené à beaucoup voyager sans tes parents, est-ce tu as l’impression d’être différent de tes amis qui n’ont pas cette vie?
Je ne me sens pas différent des autres, j’ai toujours les mêmes amis. Ma vie n’a pas changé quand je suis devenu champion du monde!

 
Beaucoup de surfeurs se plaignent de la trop forte fréquentation des spots de surf en Guadeloupe, car ce sport est de plus en plus populaire. Toi-même comment le vis-tu?
C’est vrai que ces dernières années le nombre de surfeurs à augmenté mais il faut être respectueux dans l’eau. Quand les gens prennent les vagues des autres ça ne va plus.
Intervention du papa:
Je trouve qu’on est un peu épargnés ici, tous les étés nous allons dans le Sud-Ouest de la France et c’est l’enfer. Tu ne peux pas surfer et il y a beaucoup de tensions dues à la surpopulation. Ici on ne se fait pas insulter, il n’y a pas de vague « World Class » mais on arrive à surfer tranquille. Il ne faut pas trop le crier mais ici tu peux surfer tous les jours!

Quels sont tes projets pour cette année? Que fais-tu pour atteindre tes objectifs en dehors de la pratique intensive du surf?
Je pars en septembre aux Championnats d’Europe aux Açores puis en novembre aux Championnats de France (NDLR: Léo-Paul a gagné les Championnats d’Europe de surf aux Açores et l’épreuve junior de la Coupe du monde de SUP depuis notre interview). En février, sans doute en Afrique du Sud pour un mois de stage avec l’équipe de France. J’aimerai bien sûr me requalifier pour les championnats du monde. J’ai trois entraînements physiques par semaine, je fais du stretching, des parcours de training … J’ai des fiches d’entrainement qui m’indiquent les mouvements que je dois faire.

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Quels sont tes spots favoris en Guadeloupe? Et ailleurs?
Mes spots favoris sont la Bouelle (Anse Salabouelle)  et l’Abattoir (Anse Bertrand).
Cet été je suis allé en Indonésie pendant un mois, les vagues sont belles et les gens sont super gentils. Ca me plairait bien d’y vivre, il y a beaucoup de gens qui surfent, des concerts après les compétitions…

 
Tu es bon dans toutes les conditions? Quelles sont tes manœuvres préférées?
Je suis à l’aise dans toutes les conditions, j’aime les grosses vagues. Les manœuvres que je préfère sont les « tubes » et les « airs ».

La prolifération des algues gêne-t-elle ta pratique?
Il m’est arrivé d’être obligé de changer de spot à cause des algues. Mais sinon, ça gratte un peu, rien de méchant.

 
Tu as sans doute conscience qu’une carrière professionnelle se termine un jour: comment envisages-tu ton avenir après le surf, souhaites-tu rester proche de ce milieu ou as-tu d’autres envies?
Je n’ai jamais su ce que je voulais faire, je veux poursuivre l’école jusqu’au Bac et je verrai après si je peux continuer une carrière pro, peut-être aussi continuer les études.

LEO PAUL ETIENNE
Facebook officiel: Leo-Paul-Etienne
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