En marge des clubs et du regard masculin, le studio Pole Dance d’Ines Thénard est une école pour exprimer son sens artistique, apprendre à se connaître et se dépasser.

Comment la pole dance est-elle passée du milieu des clubs au grand public?
Cela nous vient des pays anglo-saxons, d’Angleterre et d’Australie en particulier. On a tendance à croire que c’est une activité de nuit mais pas du tout. C’est une vraie activité physique et sportive qui se bat pour faire partie d’une fédération, peut-être celle de gymnastique ou celle du fitness, c’est encore en pourparlers. Il y a des difficultés liées à cette image de club mais aussi beaucoup de personnes qui ont réussi à dépasser ces préjugés et se sont rendus compte que c’était une vraie activité. Il y a aujourd’hui des championnats de France et du monde, cela met du temps mais cela s’installe.

Lorsqu’on débute ce sport, faut-il posséder un niveau particulier en danse ou en gymnastique? Faut-il par exemple être particulièrement souple?
Pas vraiment. L’essentiel est de connaître son corps et d’être en adéquation. Il y a des filles corpulentes ou minces qui pratiquent, tout s’apprend, il suffit d’avoir de la volonté et l’envie. La  souplesse s’acquiert au fil du temps. Ce qu’il y a de bien en pole, c’est que l’on peut échouer sur une figure et en réussir une deuxième, l’échec n’est pas définitif. On n’est pas obligé de réussir une figure pour passer à une autre.

Quelles sont ces figures de base que l’on apprend?
On apprend les crochets, les pirouettes. Il y a trois niveaux: débutant, intermédiaire et avancé, avec environ trente figures à chaque niveau. Puis les combos, associations de figures faites d’une certaine façon, il y des milliers d’associations possibles…

 

“C’est avant tout une discipline artistique, il faut pouvoir dégager quelque chose et donc chacune participe à sa création. ”

 

 

Peut-on ressentir de l’appréhension ou des difficultés les premières fois face à la barre?
Pas tant que cela. Le seul inconvénient est que lorsque la barre tourne, en spinning, on peut avoir des nausées. Certaines filles prennent de l’homéopathie pour pallier à ce problème. La barre tourne pour donner de l’élan et pour pouvoir enchaîner une autre figure. Mais il n’y a pas de règles, on peut travailler en barre fixe ou en spinning.

Et c’est pour rester bien accroché à cette barre que l’on porte le moins de vêtements possible?
Exactement. On recommande un micro-short et une brassière ou un débardeur, une peau sèche, on ne se met pas de crème. Il y a aussi des aides comme en gymnastique pour celles qui ont du mal, elles peuvent utiliser de la magnésie, celles qui ont les mains moites par exemple. La petite tenue c’est comme en gym, pour pouvoir poler et non pour séduire, d’autant qu’on est ici qu’entre filles!

 

C’est un peu comme au cirque avec les acrobates?
Tout à fait. Les gens commencent à l’assimiler et ont moins de préjugés.

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Existe-t-il plusieurs styles comme en danse?
Oui et non. Chaque école a ses propres combinaisons. Vous avez la pôle exotique où l’on va danser sur des musiques contemporaines, on va s’adapter par exemple ici dans les DOM aux rythmes caribéens  comme la salsa. En pole dance, il y a le pole art sur des musiques lentes avec des figures acrobatiques, la pole sexy avec des talons, la pole au masculin que l’on appelle aussi “Iron Man” et qui repose plus sur la force physique. Mais aussi la pole flex, avec des mouvements de flexion, de contorsion…

Y-a-t-il des hommes qui pratiquent dans votre école?
On en a eu ponctuellement. Ce sont des hommes qui ont énormément d’assurance et peu de préjugés. On a eu un professeur homme aussi. Il y a eu un talent qui est passé à la télévision, Simon Heule, qui pratiquait sur un mât chinois. Les hommes font vraiment des figures de force sur la barre mais cela peut aussi être artistique, s’apparenter à des spectacles.

Combien d’élèves avez-vous actuellement?
Une trentaine qui pratiquent régulièrement, viennent toutes les semaines, une à deux fois généralement. D’autres sont inscrites au studio et sont présentes ponctuellement, pour des raisons professionnelles par exemple. En tout il y a 45 élèves inscrites. On est ouvert du lundi au samedi, les cours ont surtout lieu le soir ; on peut aussi prendre des cours particuliers le matin, c’est un peu plus cher mais on avance plus vite, c’est plus personnel.

 

Et vous organisez ensuite des spectacles?
Oui, chaque fille va mémoriser une petite chorégraphie, choisit une musique, ses figures, avec les conseils du professeur. C’est avant tout une discipline artistique, il faut pouvoir dégager quelque chose et donc chacune participe à sa création. C’est un travail d’expression scénique. Les filles sont demandeuses car elles ont envie de montrer leurs progrès. Mais là encore le public est essentiellement féminin, les filles sont plus à l’aise avec leurs amies, leurs copines, elles peuvent davantage se lâcher.
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Ce sont des pratiquantes plutôt jeunes?
Pas forcément. La plus jeune pratiquante avait 15 ans, la plus âgée 46 ans. Il y a de tout, des personnes qui veulent essayer, viennent pendant quelques mois… La plus grande difficulté c’est de trouver de la disponibilité. C’est plus facile quand on est jeune, on a moins de contraintes. Mais on a aussi beaucoup de femmes qui déposent leurs enfants à l’école et viennent pour avoir leur moment à elles. C’est tout à leur honneur !

Quelles sont les autres activités que vous proposez à côté de la pole?
La pole prend beaucoup de notre temps, mais notre studio est voué à l’univers féminin, il y a de la danse, des cours de samba, de danse orientale, d’effeuillage (strip tease) où l’on s’inspire un peu des pin-up des années 50.

C’est donc avant tout une école où l’on affirme une forme de féminité?
Tout à fait. Renouer avec son corps, penser à soi, oublier ses soucis… C’est essentiellement pour soi-même que l’on pratique, ce n’est ni pour son compagnon ni pour séduire.

STUDIO MODE ET BEAUTE
Facebook officiel: Pole Dance Guadeloupe
Contact : 06.90.922.855 – Inès Thénard
E-Mail : studiomodebeaute@gmail.com

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