C’est à New York qu’Anaïs B s’est imprégnée de l’énergie humaine et musicale pour se former aux techniques du DJing. Elle évolue aujourd’hui entre clubs, festivals et concerts, apportant une touche d’originalité dans ce milieu majoritairement masculin.

Présentation?
Mon père est Guadeloupéen, ma mère d’origine sénégalaise et allemande. Je suis née et j’ai grandi à Paris. J’ai vécu quatre ans à New York.

D’où vient ton nom d’artiste?
Anaïs est mon prénom. B est une référence à une déesse égyptienne, Bastet, qui a les traits d’un chat.

Ta rencontre avec le DJing?
J’ai d’abord été bookeuse pour des artistes américains, des chanteurs, rappeurs et DJs. C’est dans ce cadre que j’ai rencontré DJ Rachida, qui est la DJ de Kelis et Prince. Cela m’a interpellé de voir une DJ femme dans un univers qui est très masculin, et de découvrir sa manière d’aborder le travail. Je l’ai rencontrée par la suite, et ayant toujours aimé la musique, je me suis rendu auprès d’amis DJs aux Etats-Unis qui m’ont tout appris.

Il y a différents styles de DJs, soirées, animation, concert, technique, comment te définis-tu?
Je suis un peu tout cela, j’ai eu de la chance de travailler dans des clubs mais aussi pour la mode qui est un milieu dont je me rapproche beaucoup en ce moment. Je travaille sur des campagnes de communication comme pour Guerlain ou le Coq sportif; j’ai aussi mixé dans une boutique sur les Champs Elysées pour la sortie d’une ligne de cosmétiques signée Rihanna. J’ai travaillé sur des spectacles, par exemple pour la tournée de Fary, sur des concerts avec JoeyStarr et Nathy pour Caribbean Dandee…

 

“C’est un avantage d’être une femme dans un milieu d’hommes”

Tout à l’heure tu parlais de l’approche féminine qui te paraît différente, comment la définis-tu?
On a une sensibilité différente au niveau de la musique. On sait par exemple dans un club que si les femmes dansent, les hommes vont aussi danser et tout le monde va s’amuser. Qui mieux qu’une femme DJ peut savoir ce qui va faire faire danser une femme? (rires) C‘est un avantage. Cela reste quelque chose de rare même si on en voit de plus en plus.

Quelles sont tes influences musicales?
J’aime tout ce qui est Hip Hop, Grime, la Future Bass, je m’inspire pas mal du label Soulection. Egalement l’Afrohouse, Erykah Badu, Lauren Hill, Missy Elliot. J’écoute aussi ce qui est actuel.

Quels styles joues-tu en général?
Tout dépend de l’endroit où je mixe, si c’est un concert, dans un club… Selon l’endroit où tu mixes, tu ne peux pas faire la même chose. En général c’est plutôt Hip Hop, mais je peux aussi jouer dans des clubs électro, il faut s’adapter à la clientèle.
Que t’ont apporté les années passées à New York? Est-ce-ce un passage “obligé” pour un DJ?
C’est un passage obligé dans la vie tout court! C’est une ville si cosmopolite, avec tant d’énergie, les gens sont enthousiastes et expressifs, te remerciant à la fin de la soirée. L’ambiance montre très vite, il n’y a pas d’appréhension à être le premier sur la piste à danser.

Le rôle des DJs à muté avec le temps et du Disc Jockey qui faisait découvrir des nouveautés on est passé aux DJs d’aujourd’hui qui suivent souvent la playlist “généraliste”. Qu’en penses-tu?
Je suis ouverte pour faire découvrir la musique, mais il y a un équilibre à trouver entre satisfaire le client, le patron et rester soi-même. Ce que ne savent pas les gens en soirée, c’est qu’un DJ va mixer d’une manière car il y a derrière une volonté du “boss” d’attirer un certain public. La part de créativité du DJ comme pour tout artiste doit rester importante. J’ai la chance qu’on me réserve pour la musique que je joue.

De nombreux DJs sont des femmes, mais même dans ce milieu artistique, comme dans les autres, on constate encore des inégalités. Quelle est ton expérience personnelle?
Je ne suis pas dans la compétition ni avec Les hommes ni avec les femmes. Je trouve que c’est un avantage d’être une femme dans un milieu d’hommes, tu apportes quelques chose en plus, c’est original. Je le vis bien en général car je décide que rien ne peut me décourager ou m’affaiblir, au contraire. Quand je sens un malaise, ce qui reste rare, je ne le prends pas personnellement. C’est quand même un milieu de la nuit, je savais à quoi m’attendre en y arrivant.

Des événements prévus prochainement?
A la rentrée, je ferai plusieurs soirées. Cet été, je serai au Congo, à New York, à Bucarest, au Festival AFROPUNK, au Quai 54, au Bénin, à Saint-Barthélémy.

Et la Caraïbe?
J’ai des projets en cours mais je ne peux pas en parler.

DJ ANAÏS B
Facebook : DJ ANAÏS B

Contact: anaisb.management@gmail.com

Texte: David Dancre
Photos: D.R.

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