L’inclination pour la fête a conduit Yann à devenir DJ et organiser ses propres soirées, dans un lieu dédié à la musique qu’il aime jouer. Il prolonge ce plaisir sur le label La Dame Noir, vitrine musicale du club ouvert à Marseille en 2009.

Présentation
J’ai grandi entre Marseille et l’Isle-sur-la Sorgue, donc entre une grande ville et une toute petite où acheter des disques était de l’ordre du parcours du combattant. Je suis ensuite arrivé à Aix-en-provence en 1993 où j’ai rencontré une bande d’énervés qui écoutait la même musique que moi et avec qui nous passions nos soirées à boire en premier lieu et ensuite chercher des fêtes dans les appartements aixois. Très peu de blessés à l’arrivée parce que nous avons eu beaucoup de chance. C’est au même moment que les Spiral Tribe se sont installés à Aix et où nous avons découvert les Raves, la Techno et surtout une nouvelle forme de soirées.

D’où vient ton nom de DJ?
Parce que je buvais beaucoup d’Absolut ou parce qu‘étant un éternel angoissé, j’aimais bien la citation “Tout est relatif, voilà la seule chose absolue” d’Auguste Comte.

Comment s’est faite ta rencontre avec le DJing?
Avant d’apprendre à mixer, je faisais déjà sélecta avec mes colocataires dans des soirées “BIOMIX” qu’on organisait, où nous passions du Hip Hop, du Rock Hardcore, de la Pop avant de terminer avec de la Techno. J’ai ensuite acheté des platines vinyles et des disques pour apprendre à mixer en 1995.

Tu as ouvert il y a quelques années ton club à Marseille. C’était pour pallier à un manque dans le paysage local?
Nous avons juste ouvert La dame Noir dancing parce que nous voulions avoir notre propre club et notre propre programmation. Pas du tout dans l’idée de “sauver Marseille” ou de faire ce que personne n’avait fait. Il y a toujours eu des gens pour se bouger et inventer, on ne prétendait pas donner de leçon ou être les premier à faire quoi que ce soit.


La dame Noir dancing est un lieu où un DJ peut se lancer? Ou bien un lieu où l’on fait jouer des DJs déjà “en place”?
C’est un lieu à la fois “easy” mais exigeant. Cela serait compliqué de programmer quelqu’un sans expérience, le dancefloor est parfois cruel…

Un univers musical dans lequel tu te sens plus à l’aise?
Depuis le début de La dame Noir en 2009, on s’est pris les pieds et les oreilles dans ce qu’on pourrait appeler un courant du disco assez lent, parfois sombre mais en même temps lunaire et envoutant…

 

“Tu ne joues pas la même chose sur un roof top à 20h et dans un club à 4h…”

 

Quand tu découvres un morceau, tu imagines tout de suite un mix?
Tout dépend tu type de track. Maintenant, certains sont vraiment fait pour être mixés et/ou juste écoutés. Mais ceux qui sont produits pour être joués par des DJs, que nous recevons ou allons chercher, j’arrive souvent à les imaginer en situation. Parfois c’est un échec total, parfois je vois juste.

Le rôle de DJ à muté avec le temps et de Disc Jockey qui faisait découvrir des nouveautés on est passé aux DJs d’aujourd’hui qui suivent souvent la playlist “généraliste”. Qu’en penses-tu?
Il y a 20 ans, il n’y avait que quatre sortes de DJs: ceux qui passaient du Rock (dans le sens large du terme), ceux qui jouaient du Rap, les Disc jockeys résidants de nos chères “boites de nuit” et les premiers DJs House/Techno. Maintenant, il y a toute sortes de pratiques (comme dans le sexe!), aussi nombreuses que les situations le permettent. Le DJ de salon pour ses potes, le bloggeur qui prend ses références sur d’autres blogs en faisant croire que c’est lui qui les a découverts, les nouveaux DJs “only vinyle” mais qui ont acheté des platines il y a trois mois et qui ne savent pas mixer, les DJs aux playlists prémâchées…

Tu as créé un label, La Dame Noir Records: quel est le public visé?
On a crée un label, Phred Noir et moi-même sous l’impulsion d’un ami. Le public visé, c’était d’abord nous! C’est-à-dire se faire plaisir, produire des artistes et des tracks qui nous plaisent. Nous avions déjà le bar La dame Noir et le club, on s’est dit qu’un label était aussi une façon intelligente de promouvoir notre enseigne. Nous n’avons jamais pensé que le label serait une véritable “économie” .

Tu organises des soirées sur des sites moins ordinaires (un bateau, des toits…) Les lieux déterminent-ils aussi la musique que tu vas jouer?
Complètement. Tu ne joues pas la même chose sur un roof top à 20h et dans un club à 4 heures du matin. En fait, c’est assez naturel.

As-tu déjà participé à un festival en tant que DJ? Considères-tu cela comme une sorte de “consécration” de jouer devant autant de monde?
Depuis dix ans nous jouons dans beaucoup de festivals et c’est vraiment un chance. Nous avons joué devant d’énormes dancefloors parfois, mais la plupart du temps à taille humaine. Dans un festival, nous ne sommes pas les têtes d’affiche, donc le mot consécration n’est pas de mise.

Tu aimes aussi écrire, est-ce l’univers dans lequel tu travailles qui t’inspire?
Oui, j’aime bien écrire des nouvelles en pêchant dans les situations délirantes et les personnages que j’ai rencontré depuis 20 ans. Je note toutes sortes de phrases entendues ou de situations vécues, donc l‘idée pour l’instant est de publier ces nouvelles dans la page «“Ca va mal se finir” que j’ai créée sur Facebook. Mais avec un ancien colocataire qui est devenu un grand scénariste de BD, Sylvain Runberg, nous avons quelques projets communs…

DJ RELATIF YANN
Facebook: La Dame Noir

Soundcloud: soundcloud.com/la-dame-noir

Texte: Cee Bee
Photos: D.R.

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