Comme beaucoup d’autres régions du monde, la Guadeloupe a désormais son cola “identitaire”. Un phénomène en vogue pour se démarquer?

Dans une dynamique de globalisation, les différences semblent tantôt s’effacer, tantôt être exacerbées. Communautarismes et régionalismes surfent sur cette vague.  Car si l’on devenait tous semblables, du même coup on risquerait de perdre une partie de notre identité. C’est ainsi que l’on défend les langues, les cultures et le patrimoine régionaux, des valeurs qui semblent menacées. Ce processus de rejet de ce qui est étranger nous permet de nous construire. C’est donc un paradoxe: nous avons besoin de l’autre, dans son altérité, pour prendre conscience de notre existence, mais en même temps nous nous en méfions. En voulant protéger son identité, on en arrive parfois à caricaturer celle de l’autre, et du même coup la sienne. On enferme les individus dans des catégories qui ne les fait agir et penser qu’en fonction des étiquettes qu’on leur attribue, des stéréotypes qui peuvent pousser jusqu’à l’exclusion. Nous éprouvons le besoin soit de rejeter l’autre, soit de le rendre semblable à nous pour éliminer cette différence et le juger acceptable. Mais alors, si nous le rendons identique, sur quelles différences pourra se construire l’identité?

 

“Sur un même territoire, de multiples communautés s’entrecroisent…”

 

 

Il est préférable de défendre l’idée que chacun contribue à construire l’autre, d’autant que nos sociétés tendent à devenir de plus en plus composites. Sur un même territoire, de multiples communautés s’entrecroisent ou se reconnaissent à distance (les diasporas). Les identités sont donc multiples, à la fois locales et globales. Chacun se construit, s’enrichit tout au long d’une vie par des apports familiaux, personnels, professionnels, culturels, environnementaux…Notre identité ne se limite pas à notre sexe, notre orientation sexuelle, notre nationalité, notre appartenance ethnique ou notre origine géographique. Chacun d’entre nous est cet être unique qui ne devrait pas éprouver le besoin de se comparer à l’autre ni de le juger. C’est peut-être ce degré d’ouverture qui fait aujourd’hui cruellement défaut à nos sociétés, qui se replient sur un passé idéalisé, témoignant ainsi de leur incapacité ou de leur appréhension d’envisager l’avenir.

 

 

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