Damien Granchi, footballeur passionné et son associé Dan Bendennoune ont créé il y a tout juste un an le Gwada Football Club où l’on pratique le Five: la transposition la plus proche du foot de rue.

Comment est né le Five?
Je ne sais pas comment il est né, car nous avons copié un modèle existant déjà en France métropolitaine avec comme exemple les grandes franchises que sont Urban Soccer, Five, Football Football, Soccer Parc. La première structure date d’il y a 8 ans, c’est «Le Temple du Foot » dans le Sud de la France et sur Roubaix. Ce sont les tous premiers qui se sont montés. Les propriétaires étaient Laurent Castro et Jean Marie Aubry, joueurs en Équipe de France de Beach Soccer. Je pense que c’est parti d’un constat simple: aujourd’hui, quand tu joues au football, si tu n’es pas dans un club, tu n’as pas de terrain et si tu en as un il est très mal fait. Tu n’as jamais accès aux vestiaires, tu n’as jamais d’éclairage ou tu te fais expulser par les associations sportives… Donc tu as très peu de moyen de jouer au football et je pense qu’ils n’ont fait que répondre à une demande. La Guadeloupe se dit terre de champions mais on ne favorise pas les infrastructures qui pourraient permettre de former ces jeunes champions. Si tu veux jouer au Beach Soccer, il n’y a pas de terrain homologué, si tu veux faire du Futsal, c’est au Gosier et c’est 4000€ la journée donc inaccessible à un grand nombre de  personnes. Et c’est donc le privé qui prend les choses en main car c’est à notre génération de faire bouger les choses. Cela répond à une demande que les instances du football ne sont pas capables de gérer. Par exemple, pour notre première édition du championnat l’année dernière, nous avons envoyé l’équipe gagnante,  Groupe Encelade, à Paris pour jouer contre l’équipe All-Star. On leur a payé le billet d’avion, l’hôtel et on les a fait jouer un match d’exhibition contre l’équipe d’Olivier Dacour qui est notre parrain. Quand ils sont rentrés il étaient très heureux. Personne ici ne leur avait jamais payé un billet pour aller jouer dans l’hexagone. Les seuls qui peuvent avoir cette chance aujourd’hui, c’est le CSM, parce qu’ils ont été vainqueurs de la Coupe de France Zone Guadeloupe. Aujourd’hui, pour ces joueurs qui continuent de venir, c’est un souvenir énorme, d’autant que leur président leur avait payé des places pour PSG/Barcelone. Ils sont rentrés avec les yeux pleins d’étoiles, et maintenant pour eux le Gwada Football Club est une référence. Tout simplement parce que l’on essaie de faire des choses, de participer à l’évolution du sport. Ce que nous aurions aimé avoir, nous essayons de le transmettre. On fait également beaucoup de stages pour les enfants, des anniversaires aussi, parce que moi à 8 ou 10 ans j’aurais préféré inviter mes amis à venir jouer au foot dans une structure comme le G.F.C. plutôt que d’aller au Mac Do… Même si mes parents n’avaient pas les moyens de m’envoyer au Mac Do … Nous sommes en Guadeloupe et il faut bien s’occuper de nos clients avec un vrai rôle social.

 

 

“Il n’y a pas de cible précise, simplement des gens qui ont envie de partager de bons moments en pratiquant un sport.”

 

 

Quelles sont les différences avec le football classique au niveau du complexe et du matériel?
Pour le terrain, nous sommes sur une surface réduite avec des normes à 15mx25m. Les différences vont être sur la technique, le jeu à terre, le déplacement. C’est vraiment autre chose que le Football à 11, c’est une réelle variante, un sport à part. Le temps de jeu est de deux fois 25 minutes. Les remplacements sont illimités et il n’y a pas de cartons, ce sont des exclusions. Nous sommes un sport sans contact, pour favoriser le jeu, la technique, le déplacement, afin que le résultat soit beau à voir. Donc chaque contact, c’est une faute sanctionnée d’un coup franc indirect. Par contre toutes les fautes anti-sportives sont sanctionnées par une exclusion de deux minutes et à la deuxième expulsion c’est jusqu’à la fin du match. Au niveau du matériel, on ne joue pas avec des crampons moulés, le ballon est un taille 4 sans rebond, mais nous ici nous prenons une taille 4 avec rebond. Il n’y a pas de hors-jeu mais une zone d’où le gardien ne peut pas sortir et où l’attaquant ne peut pas rentrer. Sur réservation simple, les gens peuvent jouer comme ils le souhaitent. Le but est qu’ils prennent du plaisir à jouer. En parallèle nous avons mis des championnats en place où l’on applique des règles qui sont propres à notre complexe mais qui restent proches des autres. Il faut savoir qu’il n’y a pas de ligue officielle de Futsal ou de Five. Nous ne sommes pas régis par la Fédération Française de Football ou qui que ce soit d’autre. On pourrait faire les règles que l’on veut mais on essaie de s’harmoniser avec les autres centres de manières à garder une cohérence et permettre de faire des tournois inter-complexes. Nous sommes aujourd’hui plus de deux millions de pratiquants en France, c’est devenu énorme. Certains sont licenciés, d’autres non, il y a des femmes, des anciens…  Le Five permet de venir chercher le coté ludique du football, c’est très “cardio” car nous sommes sur une surface réduite, les efforts sont moins longs, le but est de s’amuser et de prendre du plaisir à jouer au football dans des conditions idéales: un éclairage “au top”, une pelouse synthétique dernière génération, il n’y a pas de faux rebonds, pas de contact. Tu as toutes les qualités optimales pour jouer au foot et t’amuser. C’est un concentré que tu retrouves ici.

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Quelle est la cible?
Tout le monde! On accueille des licenciés, des non licenciés, de jeunes pratiquants, des plus anciens qui ont envie de faire du sport mais qui ne trouvent pas ce qui leur correspond. Ce ne sont pas non plus forcément des footballeurs, ce sont des gens qui viennent faire du sport pendant une heure avec des amis pour rigoler. Il n’y a pas de cible précise, simplement des gens qui ont envie de partager de bons moments en pratiquant un sport. C’est aussi un complexe qui a un but social, qui rassemble par exemple un PDG d’entreprise avec un petit ouvrier. Sur le terrain, tout le monde a la même tenue et il n’y a plus de différences de catégories sociales ou autre. Tous se retrouvent autour d’une même passion: le football. Nous sommes la seule structure de ce type sur l’ile et même dans la Caraïbe, la plus proche se trouvant à Miami. En Amérique du Sud ou en Espagne, ils apprennent le football sur des surfaces réduites, c’est du 5 contre 5, maximum 7 contre 7. On n’apprend pas aux jeunes à jouer sur de grands terrains, ça tu l’apprends après. En apprenant sur des surfaces réduites, ils favorisent le coté technique, alors qu’en Europe c’est le coté tactique.

 
Quel a été ton parcours sportif?
Je joue au football depuis que j’ai 5 ans, dès que j’ai pu être licencié. J’ai joué onze ans en Division d’Honneur à l’A.S. Gosier, à Evolucas (Petit-Bourg),  au Redstar (P.A.P.), à la Juventus de Sainte-Anne. J’ai joué en Beach Soccer aussi en parallèle, lorsque Eric Cantona est venu faire sa sélection ici, j’ai été sélectionné et je suis parti faire un Euro-Beach. J’ai été selectionné six fois en Equipe de France. J’ai arrêté cette année justement parce que j’ai monté le complexe.

Tu gères également le championnat?
Nous avons deux championnats mis en place déjà. Un championnat «Entreprise» et un championnat loisir. Les journées de championnats ne se déroulent que le lundi. Le championnat Entreprise est uniquement réservé pour les employés des entreprises, les équipes sont France-Antilles, Décathlon, la Sécurité Sociale, E.D.F., la Gendarmerie, Point S, Orange, Mr. Bricolage… Le championnat loisir est ouvert à tous, ce sont des équipes qui se sont montées en début de saison (qui commence en octobre et finit en avril).

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Comment fonctionne ta structure pour les particuliers?
La location est à l’heure.

Aujourd’hui il existe plusieurs déclinaisons du football, avec le Beach Soccer, Le Futsal, Le Jorkyball, le Freestyle. Quel regard portes-tu sur ces formats qui impliquent le ballon rond?
Plus il y en a mieux c’est. Toutes les variantes du football sont faites pour tout le monde. Et chacun y trouve son bonheur. Personnellement je joue au Beach, au Futsal, au football à 11, dès qu’il y a une variante je joue parce que je suis un passionné.

Quelle est l’équipe nationale qui t’a le plus marqué?
France 98. Je suis français, patriote, j’aime l’équipe de France bien sûr et cette équipe de France là représente ma génération.

Quel est le club qui t’a le plus marqué?
Je suis monégasque, mais l’équipe qui m’a le plus marqué reste l’O.M. en 1993 avec la Ligue des Champions.

 

“Il existe la “Enjoy Cup” qui se déroulera les 4,5 et 6 juin prochains”

 

 
Que penses-tu du Ballon D’Or comme récompense?
C’est toujours bien de souligner les individualités même dans un collectif. Parce que c’est ce qui peut faire la différence de temps en temps sur un match. L’union fait la force quand les gens sont différents. Les équipe, elles, sont récompensées par des championnats, des coupes. Le Ballon d’Or est une récompense individuelle, et c’est ce que ce trophée souligne. Comme le prix Puskas qui récompense le plus beau but, cela nous permet de voir qui est le meilleur et au deuxième de se battre pour devenir meilleur. Nous sommes dans un sport de compétition, et c’est une compétition interne qui aujourd’hui réside entre deux rivaux: Christiano Ronaldo et Leo Messi. C’est le sacre. C’est le rêve de tous les joueurs de gagner un Ballon d’Or.  Pour moi, c’est aussi ça le football, il y a une équipe mais également quelqu’un qui concrétise cette équipe. Pour être en Ligue des Champions, pour gagner une Coupe du monde, il faut un collectif mais il y a toujours une individualité qui se démarque. Pour la dernière coupe du monde c’était Neuer, pour France 98 c’était Zinedine Zidane. Chacun a son génie qui permet de gagner et de rentrer dans la légende.

 
Ne penses-tu pas que l’argent a pu nuire à cet état d’esprit?
Chez les professionnel, on se réfère au nombre de buts sur l’année, aux résultats de l’équipe, les récompenses financières ne sont pas forcément individuelles. Le football est une entreprise, le club qui a le plus d’argent pour communiquer va se placer numéro un, celui qui a le plus d’argent pour acheter des joueurs sera premier. Chez les amateurs et surtout chez les jeunes, il y a moins d’argent en jeu.

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Vous organisez également des évènements?
Un dimanche par mois nous organisons un tournoi ouvert à tous avec une inscription de 5 euros pour la journée et nous offrons des récompenses. Il existe aussi la “Enjoy Cup” qui se déroulera les 4,5,et 6 juin prochains, c’est un tournoi où l’équipe vainqueure rencontrera l’équipe All Star composée de Sylvain Wiltord, Bruno Cheyrou, Olivier Dacourt, Ousmane Dabo et le gardien issu de la sélection de Guadeloupe Mikaêl Germain. Il y aura également des animations et des écrans géants pour la retransmission de la finale de la Champion’s League. Nous sommes partenaires avec Heineken sur cet évènement afin de dynamiser les diffusions sportives. C’est un complexe fait par des passionnées pour des passionnés. Et notre volonté d’amélioration est permanente, nous sommes les premiers à critiquer notre complexe.  A ce jour,  nous avons visité beaucoup de centres et la qualité de nos infrastructures est bien meilleure que les autres. Notre seul point faible pourrait être le manque de terrains mais nous sommes déjà en train de prendre les devants sur cette situation.

GWADA FOOTBALL CLUB
Site officiel: www.gwadafootballclub.com
Facebook officiel: Gwada Football Club

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