Artisans du plaisir, les frères Lauzéa ont associé leurs réalisations à leur identité caribéenne.  Créativité, innovation et exploration artistique les placent aujourd’hui parmi les grands noms du chocolat.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce métier?
La gourmandise! La noblesse du produit a été un facteur très fort d’attraction du métier. Mais avant tout, je crois que les rencontres qui ont été faites, les gens que nous avons côtoyés nous ont vraiment donné envie de faire ce métier passionnant.

Comment s’est créée l’entreprise familiale, et comment vous répartissez-vous les responsabilités?
L’entreprise familiale s’est créée en décembre 2004 quand Thierry a eu envie de faire autre chose de sa carrière professionnelle et a invité Jimmy a partagé ce moment de folie. Aujourd’hui, les responsabilités se répartissent entre Jimmy qui a en charge la gestion de la production et les secrets de fabrication, et Thierry qui en tant que gérant s’occupe du développement commercial.

 

“Le bon chocolat est le produit qui sait donner un vrai plaisir… ”

 

 

Quelles sont les vertus du chocolat?
Les vertus du chocolat sont multiples et elles ont été développées en long et en large par de nombreux intervenants: anti stress, anti dépresseur, anti oxydant, aphrodisiaque…Et bien d’autres vertus insoupçonnées. Pour certains, ce produit est abordé comme un médicament. Pour ma part, je reste très basique sur ce produit que j’assimile au pur plaisir. C’est bien pour cela que nous nous considérons Jimmy et moi comme les artisans du plaisir!
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Qu’est-ce qui fait un bon chocolat?
La transition est toute trouvée. Le bon chocolat est le produit qui sait donner le vrai plaisir, le produit équilibré avec les justes arômes: il peut être amer ou doux, intense ou frais, fruité ou floral, crémeux ou acidulé, cacaoté ou caramélisé, l’essentiel est qu’il demeure équilibré, voluptueux et surtout élégant. Et gardons à l’esprit que noir, lait ou  blanc, le plaisir n’a pas de couleur.

La chocolaterie belge et suisse doit-elle sa renommée à des produits plutôt destinés au grand public et non à des connaisseurs?
Les Belges et les Suisses ont fait un travail extraordinaire de promotion et de démocratisation du chocolat autant auprès du grand public que des professionnels connaisseurs. Toutefois, l’on peut dire aujourd’hui, que d’autres pays comme la France ou le Japon se sont appropriés le produit dans une dimension plus d’excellence et plus artistique.

 
Vous êtes classés parmi les meilleurs chocolatiers au monde. Qu’est-ce qui vous a mené vers cette excellence?
Le travail et l’audace! Jimmy s’est beaucoup formé avec des Meilleurs Ouvriers de France et nous récoltons les fruits de ces formations, la persévérance de nos équipes de production et la créativité qui transparaît dans nos créations.

Quelle est votre spécialité?
Je pense que le chocolat au Colombo est le produit le plus surprenant de la gamme. La transposition d’un produit destiné à la cuisine créole dans l’univers du chocolat ne laisse pas indifférent après avoir attisé la curiosité.

Vous exercez également l’activité de confiseur en confectionnant des pâtes de fruits (avec des fruits issus de la Caraïbe). Pourquoi cette diversification?
Les pâtes de fruits ont toujours fait partie de notre gamme primaire. Au début, elle n’était composée que de six ou sept saveurs. Depuis l’élargissement de la gamme à quinze saveurs et à l’arrivée de saveurs  “Cocktail Tropical”, les pâtes de fruits ont connu un réel engouement de la part des consommateurs, elles sont sorties de  leur confidentialité.

 

“Nous nous ouvrons de plus en plus au monde artistique, la culture nous apporte une dimension encore plus raffinée…”

 

 

Votre identité se définit par des éléments caribéens, vous considérez-vous comme des ambassadeurs de l’archipel?
Nous sommes fiers de porter haut les couleurs de  la Guadeloupe et de la Martinique, et plus généralement fiers d’être Caribéens. Nous réapproprier noblement une matière agricole et en faire un produit d’excellence est pour nous notre manière de montrer que nos régions ont un réel talent.

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La présentation, l’aspect esthétique sont primordiaux dans la gastronomie pour attirer le consommateur. Est-ce dans ce domaine que se joue la concurrence entre les chocolatiers aujourd’hui?
L’aspect esthétique n’est qu’un élément de fidélisation… En matière de gastronomie seul le goût compte et construit la clientèle.

Le chocolat que vous fabriquez est uniquement issu de plantations en Guadeloupe et Martinique?
Nos produits cherchent à valoriser la production locale. Cette production locale qui est dans sa phase de relance est une production confidentielle qui apporte une autre signature dans l’univers du cacao international. On y retrouve des goûts de fruits jaunes et une grande fraîcheur digne des cacaos fins.

Bien que la culture du cacao soit rarement associée à l’esclavage aux Antilles, les conditions de production dans  beaucoup de pays sont souvent dénoncées comme inhumaines. Vos produits pourrait-ils prétendre à l’appellation “commerce équitable”?
Nous avons pris le parti chez Frères Lauzéa d’acheter le cacao cher par rapport aux cours mondiaux car nous sommes un pays riche, en opposition aux principaux pays producteurs qui sont des pays émergents, et nos agriculteurs ont besoin de tirer un revenu plus décent de leur métier. Je ne pense pas alors que nous soyons en situation d’équité mais plutôt en situation d’équilibre au sein de  la filière que nous défendons.

Vous avez ouvert plusieurs boutiques, en Martinique en Guadeloupe, on vous trouve aussi en épicerie fine à Paris. Le chocolat est-il un produit en vogue ou une valeur sure?
Je crois que le chocolat est une valeur sûre aujourd’hui dans laquelle il faut investir…Plus qu’un phénomène de mode, une affaire de plaisir, on y revient!

Sur votre site Internet, vous proposez la livraison sur le monde entier. Comment gérez-vous cette logistique pour des produits fortement périssables et sensibles aux variations de température?
Un vrai travail d’équilibriste. Tout d’abord, nous privilégions les expéditions express dans les zones tempérées voire froides et nous évitons les expéditions pendant les saisons estivales. Ensuite, nous n’hésitons pas à expliquer à nos clients pourquoi nous ne pouvons pas expédier et finalement, sans frustration, chocolats ou  pâtes de fruits, nos clients gèrent leur plaisir.

Vous avez travaillé avec l’artiste plasticienne guadeloupéenne Eliza Albert pour réaliser “le Mantou de Pâques”,  pourquoi cette collaboration?
Aujourd’hui, nous nous ouvrons de plus en plus au monde artistique, la culture nous apporte une dimension encore plus raffinée dans notre approche de créativité. L’expérience avec Eliza a été un grand moment pour nous: c’était une première avec en plus un produit patrimonial, le crabe. Pour 2015-2016, nous poursuivons cette collaboration audacieuse avec l’artiste peintre Jocelyn Akwaba Matignon pour d’autres réalisations.

FRÈRES LAUZEA
Site officiel: www.frereslauzea.com

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