Figure de proue du Dancehall caribéen, artiste de renommée  internationale, Admiral T a fait de la scène son terrain de jeu et d’expression. C’est là qu’il partage avec le public toute sa passion pour la musique, conscient de sa vocation culturelle et identitaire.

D’ou vient ton nom?

Au début des années 90, les pseudos signifiant un grade comme général, président, lieutenant étaient courants dans le milieu Reggae Dancehall, donc j’ai choisi “Admiral” qui représente en quelque sorte le chef de file, celui qui prend ses responsabilités.

Comment t’est venue l’idée de reprendre le titre Ti Milo – C’est la première fois que tu fais une reprise? Comment expliques-tu le succès de ce titre?

Quand Il m’a été proposé de reprendre le titre Ti Milo et de le mettre à ma sauce pour le projet Léritaj Mona 2, j’ai tout de suite répondu favorablement car selon moi, la notion de transmission culturelle intergénérationnelle est essentielle. Je pense que le succès du titre est dû à la mélodie, à la technique de chant traditionnelle et au mélange des couleurs musicales. Cela parle à toutes les générations.

Tu fais maintenant partie du patrimoine local, on te voit sur les publicités Capès, Sebastiano. Tu es rentré dans les mœurs? Comment définis-tu ton rôle? Si tu penses en avoir un bien sûr…

Nous sommes un jeune peuple qui, après cette période longue et douloureuse qu’à été la traite négrière, doit se reconstruire. Et pour se faire, tout un chacun doit porter sa pierre à l’édifice. Nous avons tous un rôle à jouer dans cette société pour bâtir notre avenir. L’artiste est là pour rassembler, donner de l’espoir et de la force.

 

“L’art naît souvent de sentiments si complexes que même le créateur de l’oeuvre a du mal à l’expliquer avec des mots.”

 

Sur la campagne Sebastiano, tu poses avec ta femme qui est également ton manager. Est-ce un symbole?

Étant l’égérie de la marque, je devais poser pour la campagne de la Saint-Valentin, il nous a paru logique que ce soit aux côtés de ma femme.

Cela fait maintenant 5 ans que Wok Line a été lancé, quels sont les projets?

Wok Line est pour le moment en stand-by.

 

Admiral 2

La nuance entre la dimension artistique d’une œuvre et son créateur est aujourd’hui très floue… Qu’en penses-tu?

Je pense que par définition la nuance entre une chose et une autre ne peut être claire et franche. L’art naît souvent de sentiments si complexes que même le créateur de l’œuvre a du mal à l’expliquer avec des mots.

Que penses-tu des médias aujourd’hui?

Malheureusement les médias suivent mais ne proposent plus. La diversité de légumes et de fruits de qualité se trouve sur le marché et le marché aujourd’hui, c’est Internet.

La “mort” du disque a relancé les concerts et surtout développé le numérique, comment abordes-tu ce passage de relais?

Vu que je n’ai jamais été un gros vendeur de disques, ça n’a rien changé pour moi. Les supports phonographiques auront beau changer, le spectacle vivant ne mourra jamais.

Tu viens de faire un concert à Paris et tu as fait ton concert avant-hier en Guadeloupe. Quels sont les autres artistes qui intègrent le show?

J’ai invité Kalash, Saik, Stony, Clayton Hamilton, huit danseurs, la troupe SaKiTaw, Akiyo. Le DVD du Zénith de Paris sera très bientôt disponible.

Quels sont les projets du Général Crew?

Une tournée est en préparation pour cette année.

Ton frère est passé sur le tournage du clip de Booba Mové Lang, une collaboration avec le D.U.C. est-elle en préparation?

Non, il n’y a pas de collaboration en préparation.

Mets-tu des limites à ta liberté d’expression?

Je ne m’impose pas de limites à ma création. Je fais juste attention à ne pas être maladroit dans ma façon d’exprimer ma pensée.

Comment définis-tu ton identité artistique?

Caribéenne.

Quels sont pour toi les critères qui caractérisent un artiste?

L’humilité, le respect, l’audace, la prise de risque en proposant des choses nouvelles.

Pratiques-tu une autre forme d’art?

Tout est art, quand on le fait avec passion.

 

“On se sert de notre musique pour faire passer nos messages, pour faire bouger les choses…”

 

Quel est le moment dans ta carrière musicale qui t’a le plus marqué?

Je viens d’une famille très modeste, j’ai grandi dans un ghetto, donc tout ce que j’ai pu vivre jusqu’à maintenant grâce à la musique, c’est pour moi du bonus et par conséquent marquant.

Quel est pour toi le rôle de la musique?

Donner le sourire, éveiller les consciences, rassembler.

La musique a également une vocation contestataire, que penses-tu des “contestations” actuelles?

Les contestations actuelles reflètent tout simplement l’état actuel de notre société. On se sert de la musique pour faire passer nos messages, pour faire bouger les choses, pour dire notre mécontentement.

Penses-tu que ta musique “adoucit les mœurs” ou au contraire “a nourri les peurs”?

“Elle rassemble les peuples, rapproche les nations, rassemble les jeunes et toutes les générations, elle adoucit les mœurs, après une journée de dur labeur, tous ces enfants qui ont si froid si peur”. MUSIC IS LOVE.

As-tu des projets cinématographiques? Quels sont les rôles qui t’intéresseraient, ou quels types de personnage?

J’ai eu effectivement quelques propositions pour des projets cinématographiques. J’aime les personnages charismatiques comme Malcolm X , sensibles comme Will Smith dans A la Recherche Du Bonheur ou des personnages complexes comme DiCaprio dans Arrête moi si tu peux.

Quels sont les artistes (musicien, peintre, sculpteur) de la Caraïbe que tu apprécies?

J’écoute un peu de tout. Je connais pas mal de peintres, un peu moins de sculpteurs mais j’avoue être profane en la matière.

Crois-tu que le regard de la société française sur les questions de couleurs ou de diversité ait progressé?

Elle avance très lentement mais elle avance malgré elle. Les choses évoluent au niveau international, indirectement cela a un impact sur la société française qui est, rappelons-le, le pays des droits de l’Homme et qui par conséquent devrait donner l’exemple.

Le 10 Mai a eu lieu l’inauguration du Mémorial ACTe à Pointe-A-Pitre. Penses-tu qu’il soit toujours important d’associer l’esclavage à l’identité guadeloupéenne?

La question ne devrait même pas se poser, l’esclavage fait partie de notre histoire, on ne peut pas occulter 400 ans d’histoire. Pour aller de l’avant il faut assumer son passé d’où les trois phases essentielles des trois R: “Reconnaissance, Réparation et Réconciliation”.

Tes projets?

Le I AM CHRISTY CAMPBELL TOUR continue, Martinique, Miami, Haiti, Canada, Suisse, etc…

ADMIRAL T
Facebook officiel: Admiral T Officiel

 

Partager cet article.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.