Noé Two incarne la maitrise du talent, l’originalité d’une alchimie composée de culture urbaine et artistique qui expriment une créativité unique. Une explosion d’émotions et de couleurs pour une nouvelle page de l’histoire de l’art.

Tu as fait partie des précurseurs du Graffiti sur Paris. Comment l’as-tu découvert?
J’ai d’abord découvert la «culture Hip-Hop» avec la musique, le Break dance, le Graffiti et le Djaying. Dès mes 12 ans avec mes potes de classe, j’ai commencé à taguer sur les tables en classe et sur le trajet du collège. Je me souviens qu’à l’époque avec trois amis, on faisait des clash à qui dessinerait les meilleurs B.boys ou lettrages. En fait, j’ai toujours été passionné par le dessin. Dès l’enfance cela a été mon moyen de communication privilégié et c’est donc très naturellement que je me suis dirigé vers le Graffiti.

D’où vient ton nom d’artiste?
Au début j’ai eu plusieurs surnoms. Vers 14 ans le Graffiti est devenu de plus en plus important dans ma vie, c’est à partir de là que j’ai décidé de m’arrêter sur un nom. Il fallait que celui-ci me représente. J’ai cherché un peu dans tous les sens mais très vite ma passion pour les animaux m’a dirigée. Alors pourquoi pas le nom d’un animal pour me représenter  ? En français, en anglais… Snake, lion, etc… Franchement, ce n’était pas terrible. Et puis, soudain j’ai eu l’idée: Noé, symboliquement cela rassemblait tous les animaux et j’ai trouvé cela moins «basique».

 

“Je ne recherche plus la perfection du trait, mais plutôt à lui donner, du caractère, de la force, du corps.”

 

 

Tu fais partie d’un crew?
J’ai eu un premier crew que j’ai créé, IMC (Ils Maîtrisent la Création ou I’M Cool). Au départ il était composé de Wors et R.Man tous les deux graffeurs. Il s’est enrichi ensuite avec l’arrivée de personnes représentant d’autres disciplines Hip-Hop comme Tefa (Dj du groupe), 3 danseurs dont Gonzo, 2Mc. Au bout de trois ans le crew a disparu, chacun ayant ses ambitions et ses propres objectifs , il  n’est alors plus resté que R.MAN et moi. Ensuite j’ai fait partie des RAW (Real Authentique Writa). C’est un crew fondé par YKO et FLP. En fait, j’ai rencontré FLP juste avant la creation du crew, nous sommes devenus amis et il m’a alors proposé d’entrer dans le groupe. J’ai ainsi pu découvrir les autres membres du crew  : Yko, Obsen, Keag, Sore, Salt, Adeck , Fint, Rel, Pwoz, Sezam, etc..

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Le Graffiti est une discipline issue du Hip Hop, qui est à l’origine un mouvement culturel alternatif et contestataire. Comment le définis-tu et quelles sont pour toi les valeurs que véhicule le Graffiti?
Pour moi, le Graffiti c’est avant tout une passion dévorante. Quand tu accroches, c’est comme un coup de foudre… Tu vis, dors, respires Graffiti. Enfin, ça s’est passé comme ça à l’époque pour moi. Je pense que le côté contestataire attaché à cette discipline est dépendant de la personne que tu es. Comme dans tous les mouvements culturels ce sont les personnes qui le composent qui sont acteurs de ce mouvement et qui lui donnent vie. Mes valeurs personnelles, c’est surtout le dépassement de soi. Aller toujours plus loin dans la recherche de ton style, essayer d’innover, d’inventer. Etre capable de se réinventer d’un point de vue artistique. Mais le Graffiti est aussi pour moi le synonyme de belles rencontres, de moments passés entre potes à peindre des murs, vivre des galères, etc. Enfin, c’est le Graffiti qui m’a permis de découvrir le monde. Grâce à lui, il y a eu mes premiers voyages, la rencontre d’autres artistes, d’autres cultures.

 

“C’est le Graffiti qui m’a permis de découvrir le monde”

 

Tu es capable de tout faire et tu as su le démontrer tout au long de ta carrière (personnages réalistes ou fantaisistes, lettrages, dimensions, supports): dans quel domaine te sens-tu le plus à l’aise?
Cela dépend des périodes. À mes débuts j’ai beaucoup travaillé sur mes lettrages et des B.Boys extremement graphiques. Ensuite,  durant de longues années, j’ai été intéressé par le réalisme en passant par la création de grands portraits. Aujourd’hui, je propose un travail plus personnel en tant qu’artiste peintre. Je me suis éloigné des codes traditionnels du Graffiti classique. Je développe un style très coloré entre réalisme et abstrait.

Ce que tu proposes aujourd’hui avec tes animaux et personnages de couleurs mêlés à de la typo marque définitivement une évolution dans l’identité de ton style. Comment en es-tu arrivé là  et comment le définis-tu?
Dès le début pour moi, peindre sur toile a signifié apporter «autre chose» et il a été evident qu’il s’agissait d’une peinture qui ne pouvait être que plus personnelle. Après plus de 20 ans passés dans le Graffiti à peindre à la bombe des murs hauts et longs de plusieurs mètres, le passage à l’espace de la toile n’a pas été facile, je me suis alors lancé un vrai défi. Il m’a fallu découvrir de nouvelles dimensions, la toile et des médiums autres que l’aérosol. Rapidement, j’ai fait des recherches abstraites sur la couleur, puis naturellement avec le temps j’ai introduit du figuratif. Progressivement j’ai commencé à me relâcher et à être moins précis, à être plus dans l’émotion, la matière, l’énergie…J’ai commencé à frapper mes toiles de coups de pinceaux, de projections de peinture associés à des coulures, des tag au fat cap, etc… Je ne recherche plus la perfection du trait, mais plutôt à lui donner du caractère, de la force, du corps. Ma peinture est une projection mentale, comme si je cherchais à cristalliser un rêve. Dans mes toiles, je tente de véhiculer des émotions fortes, des pensées, des réflexions sur notre société. Représenter des animaux est pour moi le moyen de transmettre des émotions et de poser des questions qui nous renvoient à nos propres conflits intérieurs.

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Tu exposes maintenant régulièrement en galerie (tout en continuant de faire des murs). Comment t’est venue cette démarche? Les propos de certains «puristes» ne vont pas dans ce sens, qu’en penses-tu?
Chacun est libre de penser ce qu’il veut. Le graffiti est né dans la rue et c’est là qu’il y prend toute sa dimension, son ampleur. Peindre sur toile ce n’est plus pour moi vraiment du graffiti. C’est un travail artistique, plus personnel. Bien sûr, on y retrouve des codes graphiques du graffiti comme le tag, les “throw up”, lettrages, B.Boy etc… C’est mon héritage artistique, ma culture. Mais le support et le contexte font que pour moi on ne peut plus vraiment parler de Graffiti.

Que penses-tu du «Street Art»?
Le Street Art est un terme générique qui regroupe tous les art graphiques qui s’expriment dans la rue (Graffiti, Pochoir, peinture au pinceau, collage de mosaïque…). Je pense que ce sont les marchands d’art qui ont inventé le terme pour permettre de commercialiser des graffiti d’artistes. Peut-être que ce nouveau terme fait moins «peur», que «Graffiti» plus négativement connoté pour d’éventuels acquéreurs. Et puis avec le temps cela a créé une mode et on a vu naître des artistes dit «Street Art».

 

“La sculpture est le prolongement naturel de mon travail sur toile”

 

Tu t’es également essayé à la sculpture  avec des flops «Noé”. As-tu l’intention de développer cette démarche?
La sculpture est le prolongement naturel de mon travail sur toile. Je trouve important de développer ce nouveau support et je travaille actuellement sur plusieurs sculptures qui seront exposées courant 2015. J’ai également d’autres projets artistiques concernant d’autres médiums. A découvrir en 2015, je l’espère, si tout se passe bien.

Quelles sont tes «bibles» du graffiti, de la peinture et dans l’art?
Mes Bibles Graffiti ce sont Subway Art et Spraycan Art. Ensuite ce sont des livres sur des artistes que j’aime.
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Quels sont tes artistes favoris?
Il y en a beaucoup, mais concernant le Graffiti, on retrouve: Mode Two, Seen, Lee, Dondi, Tkid, Cope2… Puis tout courant confondu, il y a: Jackson Pollock, Basquiat, Gustav Klimt, Van Gogh, Lucian Freud, Frank Frazeta, HR Giger, Léonard de Vinci, Michael Angelo, Botero, Matisse…J’ai des goûts plutôt éclectiques.

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Site Officiel : www.noetwo-gallery.com

 

 

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