Les Français achètent environ 20 nouveaux jouets par an à leur enfant. Plus du tiers des ventes seront réalisées durant les cinq semaines qui précèdent Noël. L’occasion durant cette période de nous interroger aussi sur les finalités de ces achats, pas toujours éthiques ni indispensables à l’enfant.

Toutes les secondes, 3 poupées Barbie sont vendues dans le monde. L’industrie du jouet est aujourd’hui fortement mondialisée et si la mention “fabriquée en Chine” est  devenue courante (80% des jouets y sont fabriqués), la conception reste majoritairement européenne et américaine. Ainsi, rien qu’en Chine du Sud, plus de 300 usines travaillent pour le géant du jouet Mattel. C’est un monde de femmes, pour 80% des migrantes âgées de 15 à 30 ans. Elles viennent des régions pauvres et rurales de l’intérieur de la Chine. Elles travaillent pour des salaires dérisoires,  sont logées et nourries dans les dortoirs des usines, moyennant une bonne partie de leur maigre salaire. En 2007, suite au scandale des jouets au plomb, le géant américain Mattel a été contraint de rappeler plus de 18 millions de jouets contenant des peintures toxiques et des petits aimants mal assemblés. Le monde occidental, choqué d’apprendre que des jouets importés de Chine pouvaient mettre en danger la santé de ses enfants, s’est alors de nouveau intéressé aux conditions de travail misérables des ouvriers du jouet en Chine et a commencé à poser des questions sur les conséquences pour les ouvriers d’une exposition prolongée à ces produits toxiques. Les campagnes citoyennes ont permis l’amélioration des normes de sécurité. Mais au-delà de ces questions sociales et morales, l’achat des jouets relève aussi d’autres problématiques: que deviennent tous ces jouets? Sont-ils réellement utiles à l’enfant?

 

“Comme les enfants préfèrent les boîtes, ils sont ravis! À la limite, n’achetez que des boîtes!”

 

 

Le psychosociologue Jean Epstein a mis en évidence que “l’idée selon laquelle des jouets seraient adaptés à tel ou tel âge est un non-sens absolu. C’est purement statistique et commercial. Ce dont l’enfant a besoin dans le jeu est d’avoir confiance en lui et d’être valorisé dans ses compétences”.  Autrement dit, ce qui est nécessaire à l’enfant , c’est d’être accompagné dans le jeu, et à travers celui-ci de découvrir le monde, ce que la plupart des jouets électroniques ne lui permettent pas d’ailleurs… Et le même spécialiste d’ajouter: “il faut offrir des gros jouets, avec des grosses boîtes. Comme les enfants préfèrent les boîtes, ils sont ravis! À la limite, n’achetez que des boîtes!”. Enfin, on peut se réjouir d’apprendre que des ateliers de recyclage collectent, réparent, trient, nettoient et refont une beauté aux jouets avant de les revendre à prix doux. Ils offrent une seconde vie aux poupées, peluches et autres Playmobil, tout en créant des emplois. Pour l’instant, on en trouve en région parisienne  (dans l’atelier de l’association Rejoué, à Paris, 4 tonnes de jouets ont ainsi évité la poubelle en 2012).
Et pourquoi pas chez nous?

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