Le dernier rapport de l’OCDE remet une nouvelle fois en cause le système scolaire français. Un malaise qui nous conduit aussi à porter un regard plus critique  sur notre société.

Seulement au 25ème rang derrière de nombreux pays européens et asiatiques, la France connaît une baisse inquiétante du taux de scolarisation des jeunes de 15 à 19 ans (84% en 2012 contre 89% en 1995). La grande partie de ces non-scolarisés sont sans emploi ou inactifs. Aggravation de l’échec scolaire, manque de mesures propres à offrir  un enseignement adapté à chacun… Ces chiffres sont aussi révélateurs des mutations qui affectent notre société.

 

“Si tu n’as pas de portable à la mode, tu n’as pas d’amis…“

 

 

Au cours des dernières décennies, le consumérisme (autrement dit l’acquisition de biens non indispensables à la vie), n’a cessé de prendre de l’ampleur. Il exerce indéniablement sur les jeunes une séduction. L’offre de produits numériques (Smartphones, tablettes, consoles de jeux…) multiplie les occasions de se divertir et perturbe de plus en plus les temps d’apprentissage, en classe comme à la maison.  Mais ces objets participent aussi à la construction identitaire des jeunes, devenant des supports fondateurs de liens communautaires. Tout récemment, une jeune fille de douze ans m’affirmait que “si tu n’as pas un portable à la mode, tu n’as pas d’amis”! Ces propos nous interrogent forcément sur la valeur et l’utilisation des produits que nous offrons à nos enfants.
En parallèle, la crise, la désindustrialisation, le chômage, la peur de l’échec et du déclassement contribuent à accroître la pression scolaire sur les jeunes. Si l’allongement des études est un fait indéniable,  le statut de l‘élève, des enseignants et des parents se sont radicalement transformés. On va de plus en plus à l’école, non pas pour apprendre mais surtout pour s’assurer une chance d’être bien placé sur le marché de l’emploi. Les professionnels de l’éducation, à qui l’on demande aujourd’hui de réaliser une “plus-value”, terme emprunté au monde de l’entreprise et à l’économie libérale, sont soumis à de nouvelles exigences; le monde change, l’école doit s’adapter à ces mutations. De leur côté, les parents doivent assurer un suivi scolaire plus important, sous peine d’être culpabilisés. On voit se développer les offres de soutien scolaire et de cours à domicile, signes des dysfonctionnements de l’école et de la cellule familiale, mais surtout moteurs de nouvelles inégalités. Quant aux élèves, ils sont amenés à se projeter très tôt dans un avenir professionnel incertain, d’autant plus si leurs résultats sont jugés insuffisants, alors que leur connaissance de ce monde ne se fait le plus souvent qu’à travers le regard de la télévision et parfois encore, celui de l’entourage familial.  Cela semble un paradoxe que notre société cultive.
Quelles stratégies pouvons-nous mettre en œuvre afin de multiplier les expériences positives et donner à ces jeunes une meilleure estime de soi? C’est le travail de toute une société et un de ses défis majeurs que d’éduquer, de définir des principes que l’on juge fondamentaux,  pour  aider l’enfant à devenir un acteur social responsable: respect des règles de vie en communauté, refus de la violence, acceptation de toutes les différences et rejet des discriminations… Car les adultes qu’il côtoie sont autant d’exemples dans lesquels il pourra puiser ses valeurs.

 

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