L’actualité nous rappelle tristement qu’une société se construit aussi dans le conflit et la confrontation d’opinions divergentes.

Devenue le modèle de pensée dominant, la démocratie peut aussi être attaquée dans ses fondements. En reconnaissant le pluralisme, nous acceptons que se tiennent au sein de l’espace public des débats et la possibilité d’exprimer des voix discordantes. C’est d’ailleurs pour beaucoup d’entre nous l’essence même de la démocratie. Pourtant, la conflictualité est souvent perçue comme un danger menaçant la stabilité et l’ordre. Ne serait-il pas possible que le conflit soit plutôt le moteur structurant de l’ensemble des rapports sociaux, qu’il soit à la fois indépassable et fécond? Le droit de vote, la liberté de la presse ou d’association sont le résultat de longues luttes. Sans les voix des “suffragettes”, les femmes seraient elles devenues électrices et éligibles? Sans le rassemblement des Berlinois, le mur serait-il tombé ce jour-là? On oublie que par le passé notre nation s’est retrouvée divisée, nous préférons célébrer les moments “d’union sacrée” plutôt que d’évoquer des périodes plus sombres de notre histoire. Celles-ci  ont néanmoins contribué à construire notre quotidien. Toute société est le résultat d’une longue histoire, y compris des conflits qui l’ont traversée, et des choix qui ont alors été faits. Ce dont on dispose aujourd’hui n’est jamais acquis et tout est objet de discussion. Au sein de notre société démocratique, l’hétérogénéité des valeurs est indéniable. Cela suppose donc que les modèles soient ébranlés, mais peut être aussi pour être redéfinis et plus égalitaires.

Yo

Le classement mondial de la liberté de la presse:
https://rsf.org/fr
Le combat des suffragettes en Angleterre:
https://www.youtube.com/watch?v=xKHXinujWoM

 

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