Pour Sylvain Gravillon, le parachutisme est un sport qui s’apprend comme les autres. Seul ou en tandem, sauter à 3200 mètres d’altitude laisse des images ineffaçables de son passage dans les airs.

Quel a été ton parcours en parachutisme?
C’est mon père qui m’a amené là-dedans, il a été parachutiste à l’armée et m’a fait participer à un stage quand j’avais 16 ans. J’ai pratiqué en loisir et compétition pendant 10 ans, tout en travaillant comme boulanger-pâtissier. Lorsque j’en ai eu assez de ces horaires de travail, je me suis dirigé vers le parachutisme. J’ai commencé  comme plieur/réparateur  puis comme moniteur.

 
Quels diplômes faut-il détenir pour être instructeur?
Avant, c’était le brevet d’Etat. On passait le tronc commun puis le Brevet option parachutisme (500 sauts) et les qualifications complémentaires (1000 sauts). Désormais le BPJEPS a tout remplacé. Il y a beaucoup de disciplines différentes dans le parachutisme: le vol relatif qui consiste à faire des figures à plusieurs à plat, le free Fly où l’on évolue la tête en bas dans les trois dimensions, la voltige, le Freestyle, le vol relatif vertical, la précision d’atterrissage, voile contact, canopy piloting, la soufflerie, l’ascensionnel.

Quel matériel est utilisé pour sauter?
Un harnais tout simple, composé de deux voiles (principale et secours) et un système de sécurité.

 

 

“Nous sommes la seule école de parachutisme dans toutes les Caraïbes.”

 

 

 

Comment  se passe l’apprentissage?
Il y a deux méthodes: l’ancienne, l’automatique, est celle qui est utilisée depuis les débuts du parachutisme. On apprend à sortir de l’avion avec une sangle qui va ouvrir de suite le parachute. La formation est très longue, les premiers sauts  se font à 1200 mètres et l’on monte progressivement en altitude. Désormais, on utilise la P.A.C. (Progression accompagnée en Chute). On part dès le premier saut à 3500 mètres, encadré par deux moniteurs, on apprend à tenir sa position, à lire son altimètre, à ouvrir son parachute, ensuite on est guidé par radio quand le parachute est ouvert, le but étant d’être autonome le plus rapidement possible. Vous devez effectuer 6 sauts accompagnés et généralement vous êtes lâché au septième saut, cela va très vite.

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Devenir autonome est aussi une question financière?  
Oui, le stage PAC coûte 1500 euros. Il faut compter au minimum trois à quatre jours pour l’effectuer. Mais l’aspect psychologique est très important: plus on va enchaîner les sauts, plus ce sera facile. Le physique peut jouer aussi.

Il y a des prédispositions physiques au parachutisme? Un âge minimum?
C’est d’abord le certificat médical qui détermine si l’on peut sauter en parachute. Les stages se font à partir de 15 ans et les baptêmes en tandem à partir de 14 ans. C’est quand-même un sport d’adulte.

Que se passe-t-il une fois le stage validé?
C’est comme un permis de conduire, le stage donne le droit de sauter seul. Il y a des niveaux à passer comme en plongée, après le stage on est au premier niveau. Avec l’expérience, on apprend à faire des figures. Après 30 sauts, on peut passer le deuxième niveau. Mais on évolue toujours avec la sécurité.

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Justement, on apprend aussi à plier son parachute pendant la formation, on a un peu sa vie entre les mains?
Oui, il y a des consignes à respecter, des vérifications dans le pliage. Au début, on passe beaucoup de temps à plier son parachute!

Existe-t-il d’autres écoles en Guadeloupe?
Nous sommes la seule école de parachutisme dans toutes les Caraïbes. L’activité existe depuis les années 1960 sur Saint-François. C’est le seul endroit d’où l’on peut sauter sur les îles sans être gêné par les lignes aériennes commerciales car elles passent dans une autre zone, de l’autre côté. Caraïbe Parachutisme a été créé en janvier 2007  par une bande d’amis amoureux de la chute et de la Guadeloupe. Car voir la Guadeloupe à 3200m de hauteur, c’est magique!

Pourquoi ne pas organiser des compétitions, des démonstrations ou des stages avec des “références” de la discipline?
Il y a toujours un aspect financier qui freine énormément. La zone de saut est petite et il y aurait besoin de moyens aériens plus conséquents pour attirer les sautants. Nous avons déjà organisé des stages avec des pointures du parachutisme il y a quelques années.

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Que signifie repousser les limites en parachutisme?
Ce sont surtout les moyens aériens qui le déterminent: l’endroit d’où l’on saute, les autorisations que l’on nous donne… Il y a bien sûr des records du monde, des compétitions comme la Coupe de France, les Championnats d’Europe et du monde.

Proposez-vous un entraînement/suivi en compétition pour ceux que vous formez?
Pour les entraînements en compétition, les pratiquants préfèrent aller sur de gros centres avec de gros moyens pour sauter de plus haut et plus souvent. Nous optons pour un suivi des élèves afin de les amener à une base de connaissance du parachutisme et leur proposons de s’améliorer par la découverte d’un maximum de disciplines.

Considérez-vous pratiquer un sport de l’extrême?
C’est un sport comme un autre, si l’on respecte les bases, on a moins de chance de se blesser qu’en prenant sa voiture.

CARAÏBE PARACHUTISME  

Site: www.caraibeparachutisme.com
Facebook officiel: Caraîbe Parachutisme

Tel: 06.90.86.73.36 / 05.90.82.81.14

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