Depuis son titre de champion de la Caraîbe en 2012, David Rochemont demeure toujours invaincu et continue de travailler sans relâche avec  son équipe l’Hybrid Fighting Team de la Guadeloupe à Baie-Mahault pour  continuer son ascension et faire découvrir sa passion au sein de son club.

Comment as-tu découvert les arts martiaux et quels sont les sports que tu as pratiqué avant le M.M.A. ?
Plus jeune, vers l’age de 11-12ans, sous l’effet «Bruce Lee» je m’étais essayé au karaté mais ça n’a duré à peine que quelques mois. Ensuite, vers 20 ans je me suis mis à la boxe thaïlandaise que j’ai pratiqué 4/5 ans. Avant le M.M.A., j’ai pratiqué plusieurs activités sportives et pas spécialement des arts martiaux: du basket-ball en loisir, du body board  en compétition, du beach-volley et du volley-ball en compétition avec même plusieurs titres de champion de Guadeloupe. Je crois que c’est tout! (rires)

Comment as-tu découvert le M.M.A. et qu’est ce qui t’a attiré dans ce sport?
J’ai découvert le M.M.A. en métropole durant les années 2004/2005, à l’époque je ne jurais que par la boxe thaïlandaise. Mon cousin qui vit à Paris m’a montré la vidéo opposant un géant américain Bop Sapp à un brésilien Antonio «Minautouro» Nogueira. A ma grande surprise, c’est le petit brésilien qu, après avoir courageusement résisté aux frappes et aux assauts de l’Américain, l’a remporté en soumettant le géant grâce à une technique de Jiu-jitsu brésilien. A ce moment là je me suis dis : David, c’est ce sport que tu dois pratiquer!

La pratique du M.M.A. étant interdite en France comment as-tu procédé dans le développement de tes ambitions?
La compétition en M.M.A. est interdite en France, mais sa pratique y est autorisée. Dans un premier temps je n’ai pas hésité à aller me former auprès de professeurs en France. J’ai même reçu un diplôme des mains de Bertrand Amoussou à l’époque Président de la C.N.M.M.A.. Ensuite je n’ai pas hésiter à aller à l’étranger dans les meilleures académies de combat. Ce périple m’a amené au Brésil où je me suis entrainé à la Chute Boxe Academy avec Wanderlei Silva et Moricio «Shogun» Rua pour ne citer qu’eux. Ensuite sur le continent américain à Miami dans la team du champion brésilien Roberto «Cyborg» Abreu et plus particulièrement à Las Vegas au Tapout Center et à Xtrem Couture Academy où j’ai cottoyé Kevin «The Monster» Randleman, Randy Couture, Ray Sefo, Urija Faber, Meisha Tate…

 

“Dans un club sérieux de M.M.A, on ne vient pas se battre! Mais pour apprendre des techniques, acquérir un savoir et une discipline.”

 
Tu es devenu champion de la Caraïbe en 2012, est-ce que tu peux raconter ton parcours jusque-là?
J’ai remporté le titre de champion de la Caraïbe de M.M.A. en -83kg en 2012.  Avant cela j’avais combattu 2 fois déjà en M.M.A. en -93kg avec une victoire et une défaite contre le champion de l’époque. Depuis mon retour à ma catégorie de poids naturel -83kg j’ai combattu 3 fois et je n’ai jamais été battu. Pour le moment je n’ai combattu que dans la Caraïbe, dans les îles autorisant le M.M.A., mais lors de mon dernier combat j’ai rencontré un Américain qui s’entraine en Floride à l’Américan Top Team (A.T.T.). Je l’ai soumis au premier round.

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Quels sont les retombées de ton nouveau statut de champion?
Malgré le peu de moyen dont dispose le club,  nous essayons de travailler efficacement, avec rigueur et c’est cela qui nous a permis aux autres compétiteurs comme à moi-même de nous dépasser afin de remporter nos combats et d’être reconnus aujourd’hui parmi les meilleurs combattants de  la Caraïbe. Malheureusement la discipline est très peu connue en Guadeloupe et les retombés sont encore faibles. C’est la raison pour laquelle nous continuons à nous entrainer durement pour ramener des victoires et des titres et continuer à faire parler de nous.

Comment ressens-tu l’impact du M.M.A. sur la population locale?
Très sincèrement je ne saurais répondre, les gens se prononcent plus sur les combats qu’ils regardent à la télévision et oublient que c’est le très haut niveau. C’est comme si vous deviez parler du football local et qu’on vous prenne comme référence le Real de Madrid et le FC Barcelone!

Comment expliques-tu l’image négative que dégage le M.M.A. auprès des non-initiés?
Elle est normale car elle est en majeure partie due à l’ignorance et aux stéréotypes que renvoient les médias non-spécialisés. Au départ les sports pied-poing et particulièrement la Boxe Thaïlandaise ont subi les mêmes discriminations en France. Il est vrai que la vue d’un combattant frappant un autre alors qu’il est au sol peu choquer. Mais la pratique montre que ce type de frappes sont beaucoup moins dangereuses que les frappes reçues debout où là on utilise tout son poids de corps pour augmenter sa puissance de frappe. Et comme je dis régulièrement ce que vous voyez à la télé ce sont les professionnels, ils s’entrainent 7h par jour. Dans un club sérieux de M.M.A., on ne vient pas se battre! Mais pour apprendre des techniques, acquérir un savoir et une discipline. Par la suite, les meilleurs deviennent des compétiteurs et participent à des combats. A ce moment là, ils font l’objet d’un entrainement spécifique.
Que penses-tu de la législation française qui interdit la pratique du M.M.A. en France?
Bien évidement je suis contre et pour moi elle est injuste. C’est un texte écrit par des non-pratiquants qui portent des jugements en toute méconnaissance de la discipline.
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Quel regard porte ton entourage sur le M.M.A. ?
Au niveau de ma famille et de mes proches, aujourd’hui, le regard est plutôt positif. Ils constatent que grâce au M.M.A. , j’ai accompli beaucoup de choses tant sur le plan sportif que sur le plan humain. Que le M.M.A.  m’a permis de renforcer mon mental, ma force et ma forme physique. Au début c’était moins évident parce qu’ils ne connaissaient pas la discipline, maintenant il reste la crainte d’avant les combats. Mais c’est normal et c’est le lot quotidien de tous les proches de combattants quelque soit la discipline.

Quelles sont les valeurs que le M.M.A. véhicule? Et comment les partages-tu?
Pour moi les valeurs maîtresses du M.M.A. sont  le travail et le respect. Le M.M.A. mélange différentes discipline de combat. Il faut être bon en boxe, en lutte, au sol et avoir une condition physique irréprochable… Donc, pour réussir il n’y pas d’autre alternative que l’entrainement, le travail et la rigueur. Ensuite le respect de la discipline, des autres et des règles est primordial pour sortir du lot. Ce sont toutes ces valeurs qui disparaissent de plus en plus à notre époque que je m’efforce d’inculquer à mes élèves en plus des techniques de combat. Pour moi le M.M.A. est bien plus qu’un sport,c’est carrément en mode de vie.
Il y a des rumeurs sur la conception d’une ligue M.M.A.? Qu’en penses-tu?
J’en serai ravi. Cela permettrait enfin au M.M.A.  de bénéficier d’une reconnaissance nationale, éviterait de nombreuses dérives et permettrait de cadrer la discipline et sa pratique.

Quels sont tes projets?
Ma priorité est de faire au mieux pour développer la discipline et mon club. Je rêve de disposer d’une salle dédiée au M.M.A. , avec du matériel spécifique et un espace adapté afin de faire profiter pleinement des bienfaits de la discipline à un plus grand nombre. En attendant, je continuerai à faire mon maximum pour fournir un enseignement de bonne qualité en toute sécurité à mes élèves et à former des compétiteurs en vue de remporter des titres. Me concernant, je me suis fixé une limite : celle de combattre jusqu’à mes 40ans. Mais bien sur, tout dépendra du Tout-Puissant, s’il daigne bien me prêter jusque-là force et vie.

 

HYBRID FIGHTING TEAM
Calvaire, Rue Marcel Roquelaure
97 122 Baie-Mahault
E-mail: hybrid971@yahoo.com
Facebook: Hybrid Fighting Team 971

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