Pionnière du Rn’B,  K-Reen  est une artiste complète qui arpente depuis plus de vingt ans la scène musicale française en collaborant sous différentes casquettes avec Solaar, Oxmo Puccino ou Stephane Eicher. Elle nous présente aujourd’hui son cinquième album Racines K’Raïb.

Tu viens de sortir un nouvel album Racines K’Raïb, qui comme son nom l’indique est un retour à tes sources puisque, même si tu as grandi en région parisienne, tu es née en Guyane. Pourquoi ce choix?
Retour aux sources c’est un bien grand mot! C’est juste que j’ai décidé de mettre un maximum d’influences caribéennes (et pas seulement d’ailleurs) dans ma musique. J’avais envie de célébrer notre musique qui est très riche et je savais que ce n’était pas gagné d’avance, mais j’ai toujours besoin de nouveaux défis. J’ai mis le pied à l’étrier avec deux trois morceaux zouk qui ont bien marché et je me suis dis pourquoi pas?

 
Te rends-tu souvent en Guyane?
J’essaie de m’y rendre au moins deux à trois fois par an et ce pour un temps qui est de plus en plus long. C’est plutôt calme et populaire, je m’y sens bien, isolée. Quand je veux voir du monde, je bouge avec des amis ou la famille en ville. J’adore aller à la crique, l’odeur de la nature qui m’apaise, me balader au marché de Cayenne, prendre des kilos chez mon père Paulo, composer chez ma sœur Nelly à Kourou, passer au village Saramaca ou ne rien faire dans le hamac… C’est un bonheur qui n’a pas de prix pour moi.

“J’aime garder cette impression de liberté pour créer des histoires et partir dans mes délires”

 

 

De quelle manière procèdes-tu dans la conception d’un album?
Je fais appel à des «beat makers», j’essaie des idées de mélodie sur les instrumentaux pour voir si je suis inspirée, si c’est bon. Il y a aussi une phase de composition de mes propres beats. Quand je suis satisfaite de ma musique, le thème et la mélodie viennent sans trop forcer. Si je bloque, je laisse de côté et j’y reviens plus tard, mais parfois jamais! Je peux aussi prendre des chansons toutes faites qu’il me reste à m’approprier, il y a beaucoup de bonnes chansons qui ne trouvent pas de propriétaire. En fait, il n’y a pas de recette précise.

Quelles sont les sensations que la musique te procure lorsque tu crées, que tu enregistres?
J’ai un sentiment d’autosatisfaction qui m’est indispensable. Quand je suis sûre d’avoir donné mon maximum et d’apprécier ma chanson,  je sais que je pourrais la défendre envers et contre tous. J’aime garder cette impression de liberté pour créer des histoires et partir dans mes délires.

La nuance entre la dimension artistique d’une œuvre et son créateur est aujourd’hui très floue. Qu’en penses-tu?
Personnellement, je trouve que ma musique me ressemble au-delà des mots. Elle est sensée parler aux gens de mes sentiments,  de mon humeur, de mes espoirs, elle me permet de délivrer des messages cachés que moi-même il m’arrive de comprendre que bien après!

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La “mort” du disque a relancé les concerts et surtout développé le numérique, comment abordes-tu ce passage de relais?
Je suis la vague,  c’est juste une question d’adaptation. Je trouve cela plutôt bien car le vrai test se fait sur scène, on s’expose aux oreilles et au regard du public, c’est sans filet.

Que penses-tu de l’industrie musicale aujourd’hui ?
C’est une industrie en perpétuelle mutation, il faut rester concentré parce qu’on peut vite se sentir dépassé. Le plus dur est de garder son rythme alors que tout nous demande d’aller vite mais pour créer, il faut du temps.

Quel est pour toi le rôle de la musique?
La musique est faite pour se distraire, elle nous permet de nous évader du quotidien et de partager des émotions.

Que penses-tu des médias?
Cela dépend desquels. Les médias subissent les mêmes influences que l’industrie du disque aujourd’hui, on est plus dans la quantité que dans la qualité. A l’époque d’Internet il leur faut un maximum de contenus avec l’histoire qui va avec pour attirer le public. On se retrouve avec des radios qui relatent des «cancans» au lieu de parler de musique…

 

“Nos coups d’éclats cachent souvent une grande détresse, également la vulnérabilité”

 

 

Quels sont pour toi les critères qui caractérisent un artiste?
Je trouve que le grain de folie est déjà un bon critère ainsi que la sensibilité à fleur de peau, c’est ce qui nous lie. Nos coups d’éclat cachent souvent une grande détresse, également la vulnérabilité.

Quel est le moment dans ta carrière musicale qui t’a le plus marquée?
Mes débuts ont été mes meilleurs moments car il y avait une innocence dans la démarche, on ne pensait qu’à la musique, on avait tous des problèmes à oublier. Mes succès ont davantage marqué mon entourage.

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Et dans ta vie?
Je n’aime pas parler de ma vie. Amoureuse elle est désastreuse, familiale, pas simple non plus. La musique est mon îlot.

 
Quels sont les artistes de la Caraïbe que tu apprécies?
Les chanteurs comme Gyptian, Demarco, Spyce, Keros-n, Pompis ou Jahyanaï King. Il y en a un grand nombre que j’apprécie et je suis toujours en admiration devant des groupes comme Kassav.

As-tu des dates prévues aux Antilles?
C’est en train de se monter on vous dira cela très vite.

K-REEN
Facebook officiel: K-Reen Officiel

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