Plus confidentiel que le surf, le waveski se pratique dans les mêmes conditions et procure des sensations très proches. Une expérience qui a permis à Renan Leloutre de voyager sur les plus beaux spots mondiaux.

Quelle est l’origine du waveski?
Le waveski a un peu les mêmes origines que le surf. Avec de grandes planches pour aller jouer dans les déferlantes, certains se mettent debout, d’autres prennent une pagaie et restent assis. Utilisé essentiellement comme engin de sauvetage à l’origine, c’est vers les années 1980 que l’on commença à diminuer la longueur des planches pour gagner en manœuvrabilité. Toujours munis d’une pagaie, les riders mirent ensuite des ailerons sous la planche, une sangle ventrale et des foot-straps pour gagner en contrôle, ce sont les premiers waveskis.

Comment as-tu découvert le waveski?
Je pratique le waveski depuis 1998, c’est en pratiquant le kayak en club que j’ai découvert cette activité vers l’âge de 14 ans.

Quelles sont les sensations que te procure cette pratique?
Les sensations que procure le waveski sont difficiles à décrire comme beaucoup de sports de glisse. La sensation de vitesse est certainement la plus forte, le sentiment de liberté qu’offre une session seul ou avec quelques amis et ce plaisir de communier avec les éléments pour prendre une vague, y trouver de la vitesse et envoyer des gros mouvements! Le waveski, c’est tout ça et à chaque session ça recommence. On est sur un milieu hyper changeant, en fonction de la houle, du vent, des marées, l’océan change en permanence et c’est toujours nouveau.

 

“… les compétitions permettent de se surpasser, de progresser et donc d’accroître le plaisir…”

 

 

Quels sont tes titres actuels?
J’ai été champion du monde junior en 2003, cinq fois champion de France, champion d’Europe New Age en 2012 et du monde en open en 2014. J’ai par ailleurs remporté de nombreuses médailles en championnat de France ou en international.

Tu es ami avec Mael Divialle qui a également été champion du monde New Age en 2011. Ce lien a-t-il contribué à votre succès?
Le waveski est un sport très confidentiel, c’est ce qui fait sa force. Il n’existe pas de structure d’entraînement ou de filière de haut niveau pour notre activité. Le seul moyen de progresser, c’est d’échanger avec les autres pratiquants. A la maison, on surfe souvent ensemble avec Maël, c’est l’occasion de progresser en observant ce que fait l’autre. On s’est rencontré ainsi que Guillaume Justine sur des compétitions et le contact est bien passé. On a fait des surftrips ensemble pour se “booster” et monter notre niveau.

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Lorsque tu pratiques le waveski à haut niveau, tu es obligé de voyager pour les compétitions et t’entraîner… Comment gères-tu ces déplacements permanents? Prends-tu le temps de voyager juste pour le plaisir?
Les compétitions en waveski permettent de faire de beaux voyages et de belles rencontres mais il n’existe pas de professionnel de l’activité. Ces déplacements sont très souvent à la charge de l’athlète ou parfois défrayés en partie. Le waveski, c’est un petit monde qui permet très vite de créer des contacts avec des riders de toute la planète. Un bon moyen d’aller surfer à droite à gauche en partageant et en progressant avec d’autres waveski surfeurs. Pour ma part j’ai bien voyagé avec pas mal de monde, tant pour les compétitions que pour des trips “free surf” en Afrique du Sud, en Australie, à la Réunion, au Brésil, aux Canaries… J’ai la chance d’être soutenu par le shaper Kriss Custom avec qui je travaille depuis une quinzaine d’années pour faire évoluer le shape des waveski Kriss avec lesquels je surfe.

 
Quelles sont pour toi les valeurs que véhicule le waveski? Ressens-tu une responsabilité vis-à-vis de la jeunesse?
C’est la force d’une activité confidentielle, chacun à sa manière est obligé d’apporter sa pierre à l’édifice. C’est vraiment l’investissement de chacun qui crée la dynamique de notre activité car il n’y pas une structure mère qui le fait à notre place. Tout est basé sur le partage et l’échange.

Quels sont pour toi les dangers lorsque tu pratiques ? Ta plus grande frayeur?
On n’est jamais à l’abri d’une avarie technique comme une sangle qui se déchire et un retour à la nage peut s’avérer compliqué en fonction du spot et des conditions. Je pense que les accidents les plus fréquents sont les collisions entre les différents usagés d’où l’importance de respecter les règles de priorités et de courtoisies. Ma plus grande frayeur, c’était sur le spot d’Etang Salé à la Réunion, j’ai vu passer à quelques mètres un requin bouledogue d’une bonne taille.

Te considères-tu plus pratiquant libre ou de compétitions?
Je recherche avant tout le plaisir en pratiquant le waveski. Pour moi, le “surf de gros” et les compétitions permettent de se surpasser, de progresser et donc d’accroître le plaisir que procure l’activité. J’aime la compétition et la confrontation aux autres mais ce n’est pas mon leitmotiv. Je pense qu’un sport comme le waveski a plus vocation à procurer des sensations fortes qu’à être pratiqué en compétition. Les compètitions sont avant tout l’occasion de beaux trips surf, de belles rencontres et lorsqu’il y a  moyen de gagner c’est encore mieux!

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Quelle est la figure qui te caractérise et que tu préfères exécuter?
L’aerial, sauter au-dessus de la vague et retomber dedans pour continuer à surfer.

 
As-tu des modèles?
Plus que des modèles, il y a des waveski surfeurs qui m’inspirent pour progresser. Il y a quelques années j’ai beaucoup surfé avec Mat Babarit, un vendéen qui excelle. J’aime beaucoup ce que fait Rees Duncan, un australien qui réalise de gros “airs” (sauts aériens, ndlr), mais pour moi les deux références de la discipline sont Nicky Carstens (Sud-africain) et John Christensen (Australien) qui surfent beaucoup moins maintenant car ils sont un peu plus anciens. Avant tout, j’adore surfer avec les amis, le plus souvent c’est avec Maël Divialle mais je pense aussi au “crew local” avec Virgile Humbert, Clément Guilbert ou encore Guillaume Justine, tous de grands champions guadeloupéens expatriés pour des raisons scolaires ou professionnelles et avec lesquels je prends beaucoup de plaisir.

Pratiques-tu d’autres sports?
Le kayak, le longboard, la natation.

Quel est ton plus beau spot en Guadeloupe?
Port Louis bien sûr!

Et dans le monde?
Jeffrey’s Bay, en Afrique du Sud.

Quels objectifs t’es-tu fixé?
Continuer à m’amuser en waveski, les prochains Championnats du Monde se tiendront l’été 2016 au Portugal, je ferai tout pour me préparer au mieux pour cet évènement et défendre mon titre.

 

RENAN LELOUTRE
E-mail: renanlel@yahoo.fr
renan.leloutre@facebook.com

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