Nous vivons dans une société de l’image. Notre œil est sollicité en permanence par des représentations qui se veulent de plus en plus réalistes, pour nous séduire, nous convaincre et nous informer, parfois en en quelques minutes seulement. L’invention du cinématographe des frères Lumières est très vite devenue une machinerie illusionniste. Le réalisateur, qui dirige la fabrication d’œuvres audiovisuelles, raconte une histoire dont le scénario suit sa propre logique spatio-temporelle. Il suggère une impression de réalité tout en nous entraînant dans l’imaginaire. Fabriquant de rêves éveillés, il véhicule aussi des idées auprès d’un public moins restreint que le théâtre ou la littérature. Le réalisateur est le premier regard qui fait l’image: celle que nous avons de l’Autre, celle que la société se fait d’elle-même et celle qu’on lui renvoie. Le clip, le long ou le court-métrage, le spot publicitaire, le documentaire constituent des documents contemporains de la mémoire collective. En transgressant ou en réinventant des règles, ils peuvent aussi devenir objets de polémique, surtout quand la mémoire a été occultée (guerres coloniales, persécutions, violences d’État…) La dimension politique et sociale d’un film n’est pas toujours la clé de son succès, mais nous avons tous en mémoire une œuvre qui a façonné ou renversé nos convictions. A cela s’attachent les réalisateurs que nous avons retenus pour notre dossier.

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