Éducation, environnement, développement économique et social, intercommunalité… Autant de projets d’avenir que le nouvel élu de Sainte-Anne a promis de favoriser. Un changement de cap pour une commune qui souhaite redynamiser son image à travers le sport et la vie associative.

Vous remplacez un maire qui est resté longtemps à la tête de la commune, quelles sont selon vous les raisons qui ont assuré votre victoire aux dernières élections municipales?
Il y a plusieurs facteurs, d’abord les Saint-Annais n’étaient pas satisfaits du bilan de l’ancien maire, par rapport aux promesses qui avaient été faites, notamment en matière d’investissements, d’infrastructures. Il parlait de 90 millions d’euros d’investissement en 11 ans et concrètement  on ne voit pas où sont les grosses infrastructures de développement économique et social. 31 millions d’euros de dettes, on ne voit pas non plus où est passé cet argent. Nous avons présenté un projet politique qui correspondait à l‘attente des habitants, pour que Sainte -Anne puisse retrouver son rayonnement économique et culturel. Pour pouvoir créer ce développement, il faut créer des moyens en matière d’aménagement du territoire qui sont des compétences de la coopération intercommunale.  L’ancien maire était totalement contre l’intercommunalité. D’ailleurs nous avons un périmètre de territoire qui possède le nombre d’habitants pour être en communauté d’agglomérations, et il était l’un des premiers investigateur et ne pas le vouloir, alors que le nouveau maire de  la Désirade et la municipalité du Gosier étaient favorables dès le départ. Donc nous sommes en train de transformer cette communauté de communes en communauté d’agglomérations, cela nous donnera plus de moyens pour  pouvoir atteindre les ambitions de ce projet de territoire. Nous avons su montrer l’intérêt de cette communauté de projet et les habitants l’ont bien compris. Nous avons une commune en déficit car la gestion financière était calamiteuse, avec une gestion cavalière et qui n’était pas transparente. Aujourd’hui nous avons la volonté d’avoir une politique budgétaire qui soit transparente et prudente. Il y avait une administration décapitée, 25000 habitants, 8000 hectares et vous n’avez pas de directeur général de services, pas de directeur des services techniques. Nous avons œuvré dès notre arrivée pour avoir ces cadres qui sont indispensables au fonctionnement d’une commune et qui sont entrés en fonction au 1er août. Nous devons redresser la situation pour avoir une administration qui soit performante et qui sait répondre à l’attente des citoyens. N’oublions pas que l’administration et les projets de services sont pour les citoyens qui sont des contribuables, des usagers et des électeurs , et nous auront des comptes à rendre à moment donné à ces électeurs par rapport au projet pour lequel ils nous ont mis à la gestion des affaires.

 

“L’économie sociale et solidaire s’occupe de l’épanouissement de l’Homme, il est au centre de ses préoccupations…”

 

 

On se rend bien compte quand on traverse Sainte-Anne qu’il y a beaucoup de travail  à faire en terme d’aménagement et d’urbanisme: les rues, la propreté, les algues sur le littoral…
Nous avons trouvé une ville sale, sans gestion des déchets, les dispositions n’étaient pas prises  notamment les équipements pour le ramassage des encombrants. Nous sommes une station touristique et balnéaire et nous voulons que Sainte-Anne soit un pôle nautique majeur. Les algues sur le littoral sont un phénomène naturel qui n’est pas vraiment de notre fait. Parfois on a l’impression que c’est “de l’argent jeté par les fenêtres”. On a déjà dépensé 40000 euros, ça revient, on dépense encore 40000 euros… On ne peut pas le faire de façon indéfinie. Depuis 2011, l’association  des maires de Guadeloupe, dont je suis le directeur (mais je devrais bientôt quitter mes fonctions), a demandé à l’Etat de déclarer l’état de catastrophe naturelle, comme lorsqu’il y a eu les algues vertes en Bretagne. Le littoral en principe appartient a l’état, nous estimons que l’état doit jouer son rôle en la matière. C’est notre territoire et nous faisons avec ce que l’on a, la région a aussi quelques moyens, bref il faut avancer. Nous avons cette ambition de faire en sorte que notre politique d’aménagement du territoire corresponde à notre identité territoriale. La première ambition, c’est la revitalisation du Bourg, avec un aménagement qui favoriserait le développement économique pour le commerce et les artisans, mais aussi l’animation culturelle et sociale. Nous voulons aussi vraiment avoir ce projet de “Grand Sainte-Anne” qui irait pratiquement de Durivage à Séo, en passant par le Bourg. Nous avons aussi l’intérieur des terres avec  les Grands fonds, nous voulons créer des circuits historiques , touristiques et botaniques afin que ces territoires soient mieux connus, ainsi que les plateaux de l’Est avec les mares… Mais la priorité est l’éducation, l’environnement et le cadre de vie. La famille, l’école et les associations sont les trois piliers de la société. Nous voulons mettre l’accent sur l’insertion  sociale et professionnelle de nos jeunes, en nous appuyant beaucoup sur les associations. C’est  aussi la raison de notre participation à la Route du Rhum. Nous voulons que par la suite nos jeunes puissent se tourner vers la mer, et que les activités nautiques soient facteurs d’insertion pour eux à travers la base nautique qui sera bientôt communale, le Président du Conseil régional nous l’a demandé et j’ai accepté. Avec cet outil-là, nous avons toute une démarche de formation et d’éducation dans le domaine du nautisme. Il y a des associations qui ont été formées sous Fiston, mais aussi des futurs skippers qui vont participer à la mini-transat. La base nautique va favoriser la masse mais aussi arriver à extirper quelques bons éléments que nous pourrons envoyer au projet de la région “Grand large Guadeloupe”, qui est aussi une école de formation pour skippers professionnels. Tout ceci est sous tendu par un redressement de la situation financière et l’intercommunalité car c’est un projet de territoire qui concerne toute la Riviera du levant.

PLATEAU EST
Vous parliez de projets d’insertion avec les associations, j’ai entendu parler d’un projet  autour des Arts martiaux?
Lorsque je parle de la vie associative, ce sont toutes les associations qui font des  activités: le karaté, le judo, le football, le handball, car nous avons pas mal de joueurs de notre équipe qui ont des formations et des diplômes et qui peuvent ne pas se cantonner à leur sport mais accompagner la vie associative. Il s’agit de mettre l’Homme en avant. L’économie pour moi, en dehors de l’économie par l’apport de capital, c’est l’économie sociale et solidaire. Cette économie est composée à 80% en Guadeloupe d’associations qui représentent  10% du revenu brut  et un peu plus de 12% des actifs. Du moment qu’une  association a un projet qui va dans le sens de l’intérêt général et du territoire intercommunal, nous l’accompagnerons en fonction  nos moyens. C’est un facteur d’insertion sociale et d’épanouissement. L’économie sociale et solidaire s’occupe de l’épanouissement de l’Homme, il est au centre de ses préoccupations, que ce soit en s’occupant des personnes âgées, des jeunes, de la formation, du sport ou de la culture… Pour nous, c’est un élément important de valorisation, d’ailleurs le plus souvent on parle d’une ville à travers ses associations culturelles et sportives. Le festival de Gwo Ka est un événement incontournable, c’est une association. L’équipe de handball féminine aussi. Nous avons très peu de structures d’insertion en particulier par l’activité économique et  lançons aussi un appel pour qu’il y ait un maximum d’associations qui puissent y  adhérer, pourquoi pas dans le recyclage des déchets. Pour moi, cette économie sociale et solidaire, c’est l’avenir de l’économie.

M.le Maire

Facebook officiel: Ville de Sainte-Anne Guadeloupe

Partager cet article.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.