Skateur et passionné par la culture urbaine, Guillaume Legoff a combiné les deux pendant dix ans au sein du magazine Clark. Son idée de réunir les communautés à travers le cinéma, lors du Paris Surf & Skateboard Film Festival, a connu un franc succès.

Présentations?
J’ai 40 ans, je suis né à Cholet dans le Maine-et-Loire en Vendée. Il se trouve que Cholet, qui est avant tout connue pour son club de basketball qui évolue en Nationale A, a été une des premières villes avec une grande  rampe de skateboard en France, au Platoon skate-park à Ribou, un parc de loisirs en bordure du centre-ville. C’est donc très vite qu’elle est devenue un lieu incontournable pour le skate qui démarrait à l’époque. Moi je pratiquais d’autres sports, mais très vite j’ai été intrigué par ces mecs que je voyais rider juste à côté de chez moi. Et je m’y suis mis en 1989. Comme beaucoup de personnes de ma génération, le skate a été une vraie porte ouverte. Ça m’a fait découvrir l’art, la photo, la vidéo, la culture, différents styles de musiques comme le Hip Hop car les skateurs de l’époque écoutaient beaucoup de musique “Black” avec du Rap, de la Funk,  du Reggae etc…C’était un milieu déjà très métissé avec des gens issus de tous les horizons. Il y avait aussi le courant Métal, Garage, Punk, Rock, Wew Wave… Donc j’ai très vite écouté pleins de styles via les cassettes vidéo VHS qui venaient directement des États-Unis,grâce aux “grands frères” du skate park. De tout ça est né en moi une grande passion pour le Hip Hop dans les années 90, et en arrivant à Rennes où je poursuivais mes études, j’ai monté une association avec des potes.

 

“…il y avait une dream team du skate…”

 

 

Dans toute cette diversité, qu’est qui t’a fait trancher vers le Hip Hop?
Alors je vais te faire une confession: j’étais à fond dans le Hip Hop, mais aussi toujours dans le Métal, le bon Métal (selon moi), pas Iron Maiden ou AC/DC. On appelait ça du Skatecore à l’époque, avec des groupes comme Suicidal Tendencies ou Bad Brains qui étaient des groupes assez influencés par le Hip Hop. Au début des années 90, on a baigné dans une espèce de trip musical très varié mais c’est aussi le moment où le Rap a connu pour moi son âge d’or  avec tous ses à cotés, le graffiti, la danse etc. Au final, on se retrouvait parfois sur les spots de skate avec des gars qui faisaient du Break, du graffiti ou qui rappaient. A Rennes qui est une ville étudiante, c’était très Hip Hop. Il y avait les Transmusicales mais nous faisions partie des gens un peu “anti establishment”. Ce n’est pas que nous n’aimions pas les Transmusicales, mais nous étions en marge avec notre association Présence Urbaine. Entre 92 et 99, chez moi à Cholet, nous avons organisé un événement tous les mois de mai bien connu en France, “L’Authentic Skate Week-end” sur le skate-park. Après une première étape dans les années 80 pendant laquelle nos ainés avaient construit eux-mêmes la grande rampe, nous étions allés chercher des financements “le couteau entre les dents” et avions construit un très beau park en bois avec une aire de street, la rampe et une mini rampe. Nous y avons accueilli la crème du skate français et international. A l’image de la “Dream Team” en Basket avec Michael Jordan, Magic Johnson, il y avait également une “Dream Team “du skate, qui s’appelait la Team DC SHOES issue de la marque de chaussures de skate alors au sommet. Des gâchettes de l’underground, des tueurs (Mike Carrol, Rick Howard, Josh Kalis, Rob Dyrdek…) Il y a eu comme dans le rap un âge d’or dans le skateboard avec l’explosion du street. Il y avait des vidéos démentes qui tournaient, dans les magazines c’était la folie, et forcément tout cela s’est croisé pour moi. J’ai eu la chance de commencer à côtoyer des gens, d’écrire pour des magazines vendus en kiosques qui étaient basés à Paris dont l’un des premiers magazine de skate qui s’appelait Tricks dans lequel je m’occupais des pages musique et graffiti. C’était un magazine qui avait déjà un coté street culture dans lequel je me retrouvais assez bien. Je venais donc de temps en temps sur Paris pour rencontrer des labels, des artistes, des acteurs du mouvement Hip Hop, graffiti et skate.  Quand j’ai fini mes études, j’ai été embauché par le magazine Tricks pour vendre de la pub et pour écrire. Avec le rédacteur en chef et l’équipe qui était très réduite (nous étions 4), nous avons lancés Clark magazine 2 ans plus tard (en 2001). A Rennes, je faisais déjà un fanzine un peu connu dans l’underground à l’époque qui s’appelait Matsa, dans lequel je mettais déjà un peu de skate.

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Clark, une aventure qui dura 10 ans?
Dans le magazine de skate, on avait des pages musique, mais nous avions des pages Hip Hop et des pages Rock, Funk, Techno, etc. Nous avions des bureaux, des ordinateurs, on a contacté la MLP (Distributeur presse – Messageries Lyonnaises de Presse, ndlr) pour leur présenter notre projet de faire un nouveau magazine street culture. On a rien inventé, ça venait de magazines aux Etats-Unis, comme Mass Appeal ou The Fader. Au début des années 2000, il y a eu une montée de la street culture, même si nous n’aimions pas trop le terme de culture urbaine, nous étions street culture et “lifestyle”, notre style de vie en tant que skateurs. La culture acquise dans le skate, tant par les visuels de planches, de tee-shirts, les vidéos, les photos, c’est un univers hyper riche en terme de créativité, et tout ça combiné à notre passion pour les musiques dites black ou blanches qu’au final nous mixions en permanence. On s’est dit qu’on allait créer un magazine qui n’existait pas en France. On a commencé avec un trimestriel et à partir de 2003/2004, ce qui était streetwear est devenu un peu plus “mainstream”, de plus j’organisais les soirées Clark U.S.R. au Rex Club, qui étaient à la base une fête pour que l’on se retrouve nous, nos potes et ceux qui voulaient bien venir.  C’était la seule soirée ou à 2h du matin tu pouvais aussi bien écouter du Wu Tang, Nas, Modd Deep, les Beastie Boys, ou un morceau de Drumn’Bass ou de Techno. J’ai toujours récusé le terme d’être branché mais c’étaient des termes avec lesquels on nous définissait à l’époque, bien qu’ils ne nous rendent pas plus riches à la fin de la journée. On retournait dans notre bureau, au travail tout simplement, même si nous avions cette image cool.

C’était aussi une vitrine pour le magazine ces soirées au Rex.
Exactement. En 2005 je me suis retrouvé tout seul et on a arrêté le magazine de skate, vu que c’était la même équipe qui faisait les deux magazines. Je me suis retrouvé à faire Rédacteur en Chef, commercial et organisateur de soirée. J’ai donc pris des gens avec moi de bonne volonté, nous sommes passés en bimestriel et c’est là que nous avons mis en couverture des artistes issus de la street culture, graffeurs, graphistes, designers, etc. Mais toujours en gardant un esprit skate et ouvert d’esprit dans le magazine.

 

“…pour moi, l’indépendance n’est pas un vain mot.”

 

 

 

Quand cette aventure s’est-elle terminée?
Je suis parti en septembre 2010 et malheureusement, ceux qui l’ont dirigé après l’ont planté deux ans plus tard.

Vous aviez déjà survécu à une grosse crise de la presse avec la démocratisation d’Internet en 2006/2007…
Oui, mais quand je suis parti le magazine était au sommet. C’était un magazine qui faisait de l’argent. Il vendait en kiosque en moyenne 12000 sur un tirage de 20 000 exemplaires, et sur certains numéros nous faisions entre 60 et 80 000 euros de chiffre d’affaires en publicité. Le problème, c’est que tout le monde pensait que c’était mon magazine, mais j’avais un éditeur derrière qui n’était pas un type de l’édition, mais quelqu’un du commerce, de la glisse avec qui je me battais pour avoir des parts du magazine jusqu’à ce que je craque en 2010.

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Tout le monde savait que Clark c’était toi!
C’était ma vie, mon bureau, ma deuxième maison. J’avais 30 ans, et grâce aux soirées, aux expos, aux concerts, sans chercher je rencontrais des gens délirants, j’avais plein d’amis, de copines, je me marrais, je voyageais. C’était la bonne époque, j’avais également la chance d’être invité par Nike à New York ou Los Angeles, par Adidas à droite ou à gauche. Je suis allé à Moscou deux fois, au Brésil, etc. Nous avons eu la chance d’être dans cette période durant laquelle les marques lâchaient encore du budget.

C’était aussi le résultat d’un travail de fond que tu faisais depuis des années…
Ça s’est fait petit à petit. Surtout en France, un pays ultra conservateur, et encore plus dans nos milieux dans lesquels c’est beaucoup le réseau, le copinage qui fonctionne. Nous on avait un pied dedans et un pied en dehors parce que pour moi l’indépendance n’est pas un vain mot. Je ne voulais pas être assimilé à telle ou telle marque ou tel ou tel “crew”. J’étais moi-même, j’étais Clark, j’avançais. Quand j’ai claqué la porte, c’était aussi pour reprendre une forme de liberté car quand tu as passé 10 ans à faire des bouclages, à faire des soirées et à représenter un magazine, tu en as besoin.

Tu as pu capitaliser sur tes acquis pour redémarrer?
Oui et non. A part un appel entrant d’une personne de Nokia, un gars cool avec qui au début du Baron je passais des soirées. Il était RP à cette époque, et quand il est devenu responsable marketing chez Nokia France, il m’a fait bosser sur un beau projet “brand content” (Lumia Pureviews) pendant deux ans. J’ai aussi été appelé par la ville de Marseille et le Cabaret Aléatoire à la Friche Belle de Mai pour bosser un an sur un gros événement art, street culture & skate (This is not Music / la Dernière Vague) pour Marseille-Provence Capitale Européenne de la Culture en 2013. Sinon, ça n’a pas trop sonné à côté ahah… C’est comme ça, il vaut mieux ne rien attendre. faut bosser, toujours et encore. Tout ce que j’ai fait je suis allé le chercher. Quand j’ai quitté Clark tout le monde me disait: “on ne s’en fait pas pour toi, ça va bien se passer», moi de l’autre coté je suis réceptif mais honnêtement on n’est pas en Angleterre ou aux Etats-Unis. Nous sommes quand même dans des domaines où il ne faut pas se regarder le nombril. Je n’attendais rien de personne, je ne viens pas d’une famille très riche et il a fallu que je me débrouille. C’est sûr que quand je suis parti de Clark, avec du recul je peux dire que ça a un peu été la traversée du désert. Mais on s’en relève et on repart.

 

“…le surf et le skate sont arrivés à un vrai niveau de production cinématographique”.

 

 

 

Tu as co-organisé la première édition du “Paris Surf & Skateboard Film Festival”. Comment t’est venue l’idée?
Je n’ai jamais arrêté de faire du skate, du snowboard et je me suis mis au surf il y a dix ans. Il se trouve que j’ai travaillé avec des marques dans le Sud-Ouest notamment Nike, qui a investi pendant un moment le surf, le skate et le snowboard. Ils continuent toujours dans le skate. J’ai bossé avec pleins de gens passionnants de ce milieu indépendant ou pas. Le skate fait partie de ma vie presque depuis toujours et je suis loin d’être le seul. Il y a aujourd’hui des skateurs, notamment aux States, qui ont aujourd’hui 50 ou 60 ans, que j’avais en poster dans ma chambre et qui continuent de “déchirer”. Donc j’ai continué à travailler dans l’art, la culture, mais toujours dans le skate. Ma vie, c’est de côtoyer pleins de gens différents du moment qu’il y a une forme de créativité ou de travail dans ce domaine-là. Aujourd’hui, le surf et le skateboard sont arrivés à un vrai niveau de production cinématographique. Non pas des vidéos techniques mais des œuvres, des documentaires, des courts et même des longs-métrages qui s’inspirent du surf et du skate pour raconter de belles histoires. Avec des personnes que j’ai rencontré, on a voulu réunir les communautés surf et skate à travers le cinéma, il y avait un événement un peu comme ça au Brésil, en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis mais pas en France. Je n’ai pas besoin de rappeler la fin d’année 2015 qui a été douloureuse pour tout le monde, moi j’habitais dans le 11ème tout ce que l’on faisait a été assez touché par ça (l’attentat au Bataclan, NDLR). C’est en janvier 2016 que nous avons vraiment commencé à travailler dessus et voir différentes structures de cinéma pour finaliser avec MK2 qui est la plus belle marque avec laquelle travailler sur ce projet. L’événement s’est déroulé du 22 au 25 septembre derniers.

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Des films comme Point Break, ou Lords of Dogtown sont dans cet esprit?
Avec ces films, on est dans Hollywood, dans une narration qui est basée  sur le surf, certes, parce que c’est en Californie, mais c’est le génie de ce film.  À une échelle moindre, Lords Of Dogtown qui était d’abord un documentaire sur l’histoire du skateboard à Venice Beach, a ensuite été traité en fiction par une légende du skate, également grand réalisateur de films et de documentaires Stacy Peralta. C’était pareil pour Point Break, ils ont eu des consultants en surf, il se trouve que Keanu Reeves et Patrick Swayze étaient “les beaux gosses” de l’époque et ont fait que le film a cartonné…

C’était aussi déjà plus imprégné dans la culture américaine?
C’est comme le Hip Hop, pour eux c’est organique, ils vivent avec. En Californie ou à New-York, ça surfe ça skate, ça fait partie du “lifestyle”. Ils ne se posent pas des questions comme ici à savoir si c’est cool ou pas, c’est juste normal. Il y a eu des “blockbusters” avec du surf et du skate, dont évidemment le fameux skate volant dans Retour vers le futur 2  ou même dans Police Academy 4. Mais depuis 5 ou 6 ans, avec la nouvelle génération de réalisateurs qui nous propose des documentaires, des films de courts-métrages en 35mm ou en numérique, ces films méritent d’être vus dans des salles de cinéma. Nous avons également diffusé des petits films d’auteurs, des courts-métrages de surf et de skate avec en soirée des DJ sets, des concerts et des expos de photographies tous les soirs à partir de 18h à minuit au MK2 Bibliothèque. Le skate et le surf vont être aux prochaines olympiades en 2020, c’est une grosse révolution. Il y en a qui aiment et d’autres non, c’est comme ça, le skate est devenu le 5ème sport national aux Etats-Unis en terme de pratiquants et de “business”. Ce qui n’est pas rien. Le surf est devenu planétaire, ultra branché. Il y en a dans les pubs Chanel ou Dior, dans les magazines féminins… C’est pareil pour le skate. Ce qui est très intéressant dans ces sports, c’est que le coté “mainstream” se développe, ce qui est normal comme tout mouvement, mais tout ce qui est “core”, “underground” se développe aussi. C’est un peu comme le Hip Hop, certains vont dire que c’est devenu de la merde, mais non ce n’est pas vrai. Le surf est apparu à Hawaï et a très vite été pratiqué en Californie. Il faut voir Endless Summer, le premier film de surf, qui raconte le tour du monde de deux surfeurs californiens et qui a eu un énorme impact mondial.

 
Quand le cinéma devient un outil pédagogique…
C’est pareil dans les clips, ce sont des outils de transmission. Je me souviens que quand j’avais 15 ans, les vidéos de skate, les magazines, c’était le Graal. Le surf est le skate ont une histoire commune mais des destins séparés. Très vite, vu que c’est californien, le skate apparaît dans le sillon du surf mais prend son destin personnel en main. Il s’est développé dans les villes, mais pas que, et s’est séparé du surf. Il y a des skateurs qui ne veulent rien avoir à voir avec le surf. Quand j’avais 20 ans, il était hors de question de m’assimiler à un surfeur, j’étais anti-surf. Pour moi c’était des blonds qui faisaient des signes “Yeah” alors que nous étions à fond dans la culture street, le graffiti, les raves-parties, tout ça c’était hardcore. Et cela reste d’actualité dans les deux disciplines.

 

“L’événement a été un vrai succès.”

 

 

 

Il y avait également un jury, dans quel but?
Nous avons de la chance d’avoir un bon réseau et de connaître des gens un peu partout qui sont des références et qui ont accepté d’être dans notre jury. Par exemple Thibaut de Longeville (voir LOUPE#9, NDLR), il faisait du surf et du skate quand il était ado, venant du Sénégal. Il a écrit dans le premier magazine de skate qui s’appellait Noway. Il s’est toujours reconnu dans la street culture et en terme d’image, c’est un expert. Nous avons eu aussi Fred Mortagne qui est LE film maker réalisateur français (il est Lyonnais), une référence internationale, surtout aux Etats-Unis avec les plus gros skateurs. Et tous les autres invités étaient également des références que ce soit en surf ou en skate, ils ont tout de suite accepté de venir. Il y a eu un vrai engouement autour du projet.

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Quelle est la suite pour toi?
Déjà l’évènement a été un vrai succès. En termes d’entrée dans les salles, les films proposés ont fonctionné, les soirées étaient “blindées”. Nous sommes contents, mais c’était la première édition alors nous manquions un peu de moyens. Heureusement, nous avons eu beaucoup de publications dans les médias avec Télérama, TF1, plus la presse spécialisée. Nous préparons donc la deuxième édition sur le même format au même endroit qui aura lieu en septembre 2017. À coté, j’ai une agence de communication depuis 2016, on fait du print, du digital, de la production de contenu, d’événements, de campagnes, de conseils en marketing. Je travaille avec différents types de personnes et clients à différents postes. Là,  je suis sur le lancement d’un magazine (Bitchslap) basé à Copenhague, qui est dans l’esprit de ce que je faisais avec Clark à l’époque. Je continue d’écrire pour pas mal de magazines à droite et à gauche, je suis consultant et une de mes activités principales est de m’occuper d’un des plus gros skateshop streetwear online européen pour la France qui s’appelle Skatedeluxe. C’est un gros site fait en Allemagne depuis 6 ans, sur lequel on peut trouver des planches de skate mais aussi des baskets, du Carhartt, du Dickies. Je m’occupe du site, du développement marketing et tout ce qui est business pour la France.

Tu vis de ta passion…
Je me bats tous le jours. Si je baisse la garde c’est mort mais j’ai la chance de pouvoir travailler dans mes passions, d’être libre. Il n’y a pas d’équivalent.  “Independance is a must”.

GUILLAUME LE GOFF
Site officiel: www.guillaumelegoff.com
Instagram:  guillaumelegoff

 

Texte: David Dancre

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