Trottirider depuis 16 ans, Jean-Yves Randriambelson, alias JD, a adopté ce style de vie qui ne lui impose aucune règle, excepté repousser ses limites.

D’où vient la trottinette?
La trottinette en soi existe depuis assez longtemps. C’est assez difficile à dater mais cela remonte aux années 1950. Souvenez-vous du film Retour vers le futur, la scène course-poursuite où Marti McFly prend la trottinette d’un enfant et retire ce qui sert de guidon pour en faire un skateboard. C’est seulement près d’un demi-siècle plus tard qu’elle a été remise au goût du jour avec la marque Micro et ses modèles MS 130B, que les premiers trottiriders ont utilisé pour faire le genre de figures que l’on voit aujourd’hui.

Depuis quand pratiques-tu? Pratiquais-tu un autre sport auparavant?
Cela va bientôt faire 16 ans que je pratique. Je faisais du skateboard avant ça, ce qui a développé en moi une vision de rider qui ne m’a jamais quitté. Et c’est d’ailleurs avec cette même vision que des gars comme moi, à l’époque, ont commencé à faire des figures en trottinette. Ces années de pratique ont donné naissance à la trottinette freestyle telle qu’on la connaît aujourd’hui.

 
Quelles sont les différentes pratiques sportives de la trottinette? Laquelle pratiques-tu?
On retrouve les mêmes pratiques que l’on connaît déjà dans les autres sports extrêmes comme le skateboard, le roller ou le BMX, à savoir le skate-park (courbes, bowls) et le street (curbs, plan incliné, handrail, gap). Une nouvelle pratique est en train de voir le jour, notamment grâce à Jon Reyes, qui est un pionnier de la scène new-yorkaise, il s’agit du flat. J’ai une préférence pour le street car c’est là que j’arrive à repousser mes limites, surtout lorsqu’on essaye de filmer pour faire une vidéo qui marquera les esprits. Ceci dit, j’ai grandi dans mon skate-park local avec des courbes sans lesquelles je n’aurais jamais pu atteindre le niveau que j’ai maintenant.

 

“Les voitures sont toujours un problème où que l’on aille…”

 

 

Quel type de terrain ou d’obstacles recherches-tu?
A une époque, j’étais connu parmi ceux qui envoyaient les figures les plus impressionnantes en curb. Aujourd’hui, j’avoue avoir toujours un faible pour les bons curbs en marbre qui grincent lorsqu’on “grinde“ dessus. Surtout lorsqu’il y en a plusieurs qui s’enchaînent.

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Comment t’entraînes-tu?
Je ne m’entraîne pas (rires)! Seulement lors de sessions qui se passent dans les skate-parks de ma région.  Toujours entre potes, sans forcément m’acharner sur une figure particulière. Car après toutes ces années, je me connais assez pour savoir ce dont je suis capable. Et c’est seulement lorsque je filme sérieusement que j’exploite mon potentiel au maximum.

Quels sont tes spots préférés?
‘’Southbank’’ à Londres et la ‘’Stalingrad Plaza’’ à Prague. Deux spots européens qui sont pour moi symboliques de ces villes. J’ai hâte de pouvoir rouler le Brooklyn Bank un jour dans ma vie, car j’ai cette image lorsque je pense à la ville de New-York.

 
Comment se passe la cohabitation avec les autres usagers de la voirie?
Cela dépend vraiment des jours, de la chance qu’on a sur le moment, ou même du lieu sur lequel on filme. Les voitures sont toujours un problème où que l’on aille, mais il y a des pays, des endroits où les gens approuvent totalement ce qu’on fait, d’autres où les gens s’en fichent complètement et bien entendu d’autres endroits où il faut faire face à des gens qui ne trouvent rien d’autre à faire que de te pourrir ta session. Ces gens-là, ceux qui sont dans la “vraie vie”, ne comprennent pas notre style de vie et c’est assez difficile d’avoir une conversation avec eux.

Et la cohabitation avec les pratiquants des autres sports urbains?
C’est vraiment aléatoire… On a de bonnes comme de mauvaises surprises. Plus bonnes que mauvaises pour dire la vérité, mais on tombe malheureusement trop souvent sur les vieux riders du dimanche qui ne servent à rien à part rager, sans faire de distinction entre un rider passionné qui connait les codes et un gosse qui se comporte mal sur une trottinette, qui au passage nous ennuie bien nous aussi.

 
Existe-t-il une communauté d’intérêts partagés entre les pratiquants de la trottinette, de roller, BMX et les skateurs?
La logique voudrait qu’on s’entende bien tous, étant donné qu’on partage à 99% les mêmes besoins en tant que riders. Ce que je vois maintenant, c’est qu’il y a de plus en plus de compétitions avec ces sports mélangés, ce qui fait qu’on finit par revoir les mêmes têtes et qu’au bout d’un moment on est amenés à échanger. Je sais que la marque Allis Possible a pour but de rassembler ces sports étant donné qu’on partage cette même passion. Le FISE, NL Contest et Xtreme Barcelona sont des événements qui ont ce même projet.

 

“ Il ne s’agit pas d’un sport avec des règles imposées qui nous limitent…”

 

 

Existe-t-il une fédération? Des records?
Il s’agit d’un sport dit freestyle, et comme son nom l’indique, on est libre. Il ne s’agit pas d’un sport avec des règles imposées qui nous limitent dans ce qu’on fait, étant donné que ce que nous cherchons à faire est d’évidemment repousser nos limites. Il existe bien sûr des compétitions et des records non officiels qui ont une valeur symbolique au sein de notre communauté et non dans le Guiness book.

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Quels sont les critères de jugement?
Comme je le dis plus haut, c’est un sport freestyle dont les règles ne seront jamais imposées ou écrites et c’est justement la subjectivité du regard de chacun d’entre nous qui fait sa beauté et sa diversité.

 
Quelles sont les limites que tu te fixes?
Si je me suis jamais posé la question avant aujourd’hui, c’est que je dois très certainement ne pas en avoir!

Considères-tu pratiquer un sport extrême?
L’état de mes os et ligaments ont la réponse à cette question…

As-tu des sponsors?
Oui j’en ai plusieurs, et je leur fais un gros “big up” au passage (Ethic dtc, UrbanArtt, Dissidence, Allis Possible, O’Supply, Hella Grip).

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Arrives-tu à vivre de ton sport?
Je commence à en vivre aujourd’hui, mais cela demande beaucoup d’investissement et d’implication personnelle, en plus de tous les sacrifices qui vont avec.

Un âge limite pour la pratique?
C’est marrant, cette question revient souvent dans le sport ou le rap. Je dirai simplement que Tony Hawk à 48 ans vient de sortir une vidéo de dingue, et que Kool Shen à 50 ans vient de sortir son dernier album.

Quels sont tes projets?
Réaliser plus de vidéos, voyager, visiter le plus de pays pour filmer et pouvoir le partager. Poursuivre ce lifestyle qui m’habite depuis mes 8 ans.

JD
Facebook:  JD Rand

 

Texte: David Dancre

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