Valeur sûre du tatouage local mais toujours en quête de perfection, il évolue depuis 12 ans dans son salon sur la Marina du Gosier.

De quelle manière as-tu découvert le tatouage?
Je devais avoir 13 ans, j’étais déjà fou de Harley Davidson, et dans les magazines qu’ils publiaient, il y avait à la fin des pages consacrées aux tatous.  C’est plus tard que j’ai franchi le pas. Je me suis fait piquer par un tatoueur, avec qui j’ai eu des affinités et à la vue des dessins que je faisais il m’a demandé si je voulais apprendre à tatouer. C’est parti de là. Donc je suis allé chercher de la couenne en charcuterie, et je me suis fait la main dessus pour commencer ma formation tranquillement. On peut dire que c’est venu à moi vraiment par hasard, je n’avais rien demandé, on m’a apporté ça et après petit à petit en autodidacte je me suis formé. Il n’y avait pas la communication qu’il y a aujourd’hui. A cette époque il fallait passer par un maitre tatoueur, alors qu’aujourd’hui tu peux commander sur Internet un kit complet sans souci.

 
Donc tu dessines?
Oui. Depuis enfant, sur mes cahiers de cours il y avait toujours mon prof dessiné en première page. J’étais doué en sport, en dessin et en technologie mais on m‘a orienté en mécanique. J’ai donc un BAC Pro Mécanique, qui ne me sert professionnellement à rien.

 

 

“Il y a des pièces qui sont réellement de l’art et j’apprécie cette évolution…”

 

 

Est-ce que tu dessines tout ce que tu tatoues?
95% du temps. Après, il y en a qui arrivent avec des idées bien définies, un modèle propre et prêt à être tatoué dans ce cas oui. Car même avec les lettrages, on met toujours un petit coup de crayon à nous dedans en général.
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Est-ce que tu travailles tes tatouages sur ordinateur?
Oui. Ça accélère considérablement le travail. Il y en a qui ne savent pas poser un crayon et qui se servent uniquement de Photoshop. Ils le sortent sur papier, sur calque, le posent et c’est génial. Magnifique. C’est une nouvelle génération.

Chaque tatoueur a sa touche, quelle est la tienne?
Avant, j’étais beaucoup dans le noir/gris réalisme et maintenant je me penche sur le réalisme couleur. Le réalisme c’est plus mon truc, je suis à l’aise en portrait, bio-mécanique. J’apprécie le Maori aussi, mais maintenant il y a Antoine, qui vient de Polynésie, dans le salon et c’est beaucoup plus sa spécialité. Bien sur je suis capable de tout faire, mais ce sont les domaines où je prends le plus de plaisir.

Te considères-tu comme artiste ou artisan?
Artisan. Je ne me vois pas du tout comme un artiste et peu de tatoueurs se définissent comme artistes. Quand on parle d’artiste, on pense à Van Gogh ou Michel Angelo avec des œuvres comme la chapelle Sixtine. Un niveau réservé à une élite qui en mon sens exprime la réelle définition d’artiste. Beaucoup de gens me disent que je suis un artiste, mais je ne le pense pas.

Tiphene (collaboratrice): Il ne le dira jamais car il sera toujours en quête de la perfection. Alors que moi j’aurais tout de suite répondu artiste. D’ailleurs la SNAT (Syndicat National des Artistes Tatoueurs, ndlr) se bat actuellement pour leur donner un code A.P.E. (Activité Principale Exercée, ndlr).

 

 

“Il existe le traditionnel japonais, tahitien, indien, et qui ont tous des techniques différentes”

 

 
Est-ce que c’est ton premier salon?
Non. J’en avais déjà ouvert sur Bordeaux. J’ai fait Biscarosse, Périgueux, Bordeaux, et deux à Montalivet. C’est mon sixième salon ici.
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Comment s’est passée l’ouverture ici?
Au début, les commerçants ont eu très peur. Le cliché classique qui dit Tatouage, dit sexe, drogue, alcool, donc le bordel. Et en fait ils se sont rendus compte que nous ne correspondions pas à leur cliché, comme un bon nombre de mes collègues, et maintenant tout va très bien.

Quel genre de travail pourrais-tu refuser?
Les croix gammées, les prénoms des petits copains ou petites copines. Parce que le recouvrement c’est une spécialité aussi. Mais ils commencent à développer une encre spéciale tatouage qui pourra être retiré au laser. Alors que déjà aujourd’hui le laser laisse très peu de traces. Il ne faut pas aller dans n’importe quel laser pour se faire dé-tatouer. Il y a des laser qui brûlent le pigment alors que le laser Q-switched il l’éclate tout simplement. Ca signifie qu’il passe au travers du derme et de l’épiderme, qu’il va fractionner le pigment de couleur qui va ensuite être absorbé par le corps. Donc quand tu sors tu as une trace de brulure mais une fois cicatrisé, il n’y a plus rien.

Que penses-tu du travail dit « traditionnel?
Je suis allé en Polynésie parce que je voulais gouter aux prémices du tatouage mais ça n’a finalement pas pu se faire car le tatoueur en question a du rentrer en urgence en métropole. Donc finalement rien mais c’est quelque chose qui m’attire.  Connaître les sensations du début du tatouage. Il est présent dans différentes cultures. Il existe le traditionnel japonais, tahitien, indien, et qui ont tous des techniques différentes…
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Que penses-tu de la démocratisation du tatouage et de cette facilité à acquérir le statut de tatoueur?
Il y  aura de plus en plus de «scratcheurs», ceux qui vont à droite à gauche sans suivre la législation. Ce chiffre avait diminué grâce à l’ouverture de salons qui devenaient professionnels, mais on y revient vu le nombre croissant de règles imposées.

Quelle est ta vison du tatouage?
Ca évolue tous les jours. Avant c’était du tatouage «primaire», les marins, les taulards, les militaires, mais maintenant c’est beaucoup sur le coté artistique. C’est un phénomène démultiplié par l’évolution du matériel, des encres. Il y a des pièces qui sont réellement de l’art. J’apprécie cette évolution artistique.

BODYGRAPHIC
14/15 Résidence Boutique Des Moulins – Marina du Gosier – 97 110 Pointe-A-Pitre
Du lundi au vendredi de 14 à 20H.
Tel : 06.90.808.888 – 06.90.438.705 / E-mail : bodygraphic971@hotmail.fr

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