Trois Rivières n’est souvent qu’un point de passage pour embarquer vers les Saintes. Pourtant, sur le territoire de cette petite commune se nichent des éléments naturels et patrimoniaux d’exception.

Quels sont les atouts de Trois-Rivières en matière économique, sociale ou culturelle? Quels sont les besoins ou les manques actuels?
Trois-Rivières est le berceau de la civilisation précolombienne. Elle est le territoire de la Caraïbe avec la plus forte concentration de pétroglyphes. Cette richesse patrimoniale est un atout touristique qui doit aboutir, à moyen terme, au développement économique de la commune. La création du Service Patrimoine et Développement local s’inscrit dans la volonté communale d’apporter un intérêt particulier à la préservation et au rayonnement de ses atouts et de son patrimoine. La commune dispose également d’un patrimoine naturel formidable qui attire de plus en plus de Guadeloupéens et de touristes. En témoigne la fréquentation du littoral de Grande pointe ou de la plage de Grand’Anse. C’est la raison pour laquelle nous consacrons une part importante de nos investissements à l’aménagement de ces sites. La Région accompagne la commune dans ces projets, mais ceux-ci sont coûteux, alors nous devons faire des choix et étaler la réalisation de ces projets dans le temps.

 
La ville de Trois-Rivières est fortement associée aux Saintes avec les navettes qui relient ces deux espaces. La commune est-elle impliquée dans cette activité? Dans quelle mesure cela vous permet-il de développer le tourisme à Trois-Rivières?
Notre positionnement nous implique indirectement. Puisque, d’une part, le transport maritime est assuré par des entreprises privées et d’autre part, l’embarcadère relève de la compétence du Conseil départemental, même si son transfert à la commune est évoqué. Nous assurons tout de même la gestion du flux de passagers que génèrent ces navettes. En effet, le parking du Bord-De-Mer est géré par la commune, ce qui n’est pas sans difficulté. Nous devons satisfaire les touristes qui y garent leur véhicule, les riverains qui l’empruntent, le stationnement aux abords de celui-ci, etc. A certaines périodes la police municipale est assez débordée par les passagers en transit qui ne respectent pas toujours la signalisation. Mais pour le moment, on ne peut pas dire que cette manne touristique profite au développement du tourisme à Trois-Rivières qui demeure une commune de passage. Cependant, ce n’est pas une fatalité, nous mettons tout en œuvre pour inciter les touristes à s’attarder dans notre commune.

 

 

“Trois-Rivières a choisi de valoriser cet héritage et de vulgariser les informations scientifiques relatives aux pétroglyphes.”

 

 

Trois-Rivières doit son nom aux cours d’eau qui sont présents sur le territoire, sont-ils accessibles et visibles par tous?
La commune doit son nom aux trois cours d’eau qui la traversent : la rivière du Trou au Chien (7,4 km), constituant la limite entre Trois-Rivières et Capesterre-Belle-Eau; la rivière du Petit Carbet (8,3 km), passant au centre de la commune et du bourg de Trois-Rivières ; la rivière Grande Anse (8,4 km), constituant la limite entre Trois-Rivières et Gourbeyre. Elles sont toutes accessibles.

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Trois rivières est aussi un site archéologique majeur avec le parc des Roches Gravées. Pensez vous que cette histoire amérindienne est suffisamment mise en avant en Guadeloupe? Y a-t-il de nouveaux chantiers de fouilles sur votre territoire, de nouvelles découvertes?
Le parc des Roches gravées est géré par le Conseil départemental. On n’en fera jamais assez. Mais depuis quelques années, il y a une prise de conscience générale qui a permis d’avancer dans ce domaine. S’agissant de l’histoire amérindienne, depuis 2008, Trois-Rivières a choisi de valoriser cet héritage et de vulgariser les informations scientifiques relatives aux pétroglyphes. Notre manifestation phare se déroule tous les deux ans au mois de novembre. Il s’agit des Rencontres d’art et d’histoire. A cette occasion, pendant une semaine, la population peut découvrir une exposition de peintures, mais également de sculptures sur la thématique amérindienne. Il y a des conférences, des visites guidées, des foires, des ateliers de vannerie, de poterie, de peinture pour enfants, etc. Il y a quelques mois, dans le secteur de la Vallée d’or à l’entrée du Bourg, plus d’une centaine de roches gravées non répertoriées ont été retrouvées. Des archéologues et d’autres éminents chercheurs ont entamé une étude importante que nous envisageons de présenter à la population d’ici la fin de l’année. Mais il faut savoir que sur tout le territoire de Trois-Rivières, il y a un nombre considérable de roches gravées situées sur des terrains privées. Les propriétaires sont désormais sensibles à leur préservation et essayent à leur manière d’éviter qu’elles ne s’érodent.  Enfin, le Mémorial ACTe est un outil de plus pour mettre en lumière ce pan de notre histoire.

Par quels moyens vous informez-vous des attentes des habitants? Internet est devenu un outil privilégié de communication, vous-même vous disposez d’un profil Facebook, cela vous rapproche-t-il de vos administrés?
Depuis notre arrivée aux affaires communales en 2008, mon équipe et moi étions soucieuses d’être au plus près des attentes de nos administrés et surtout de les associer pleinement aux décisions que nous prenions, puisqu’elles impacteraient directement leur quotidien. Aussi, nous mettons en œuvre les dispositifs de démocratie participative: les enquêtes publiques, les débats publics, mais également la mise en place de comités de quartiers, ou la tenue de réunions de quartier. Mais bien évidemment, nous faisons la part belle aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Aussi la commune dispose d’un site internet, l’office du tourisme de Trois-Rivières communique également via son site internet et sa page Facebook. Nous avons un bulletin municipal trimestriel très riche. Et très prochainement, nous lancerons une application mobile qui permettra de découvrir les sites naturels, archéologiques, architecturaux et historiques de Trois-Rivières.
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Quels sont les projets que vous défendez? Votre vision de l’avenir de Trois-Rivières?
Je défends tout ce qui pourrait être bénéfique à Trois-Rivières. Il y a encore quelques années, cette commune était moribonde, mais depuis 2008, mon équipe, mais également le personnel communal, travaillent chaque jour à faire de Trois-Rivières une commune dynamique, avec un rayonnement culturel et sportif reconnu par toute la Guadeloupe. Nous développons également un ambitieux programme d’aménagement du territoire, notamment à travers la revitalisation du centre bourg, les rénovations du stade, de la maison des aînés et de la salle polyvalente visant à renforcer l’attractivité du territoire. Nous savons que notre population est vieillissante, c’est pourquoi nous mettons un point d’honneur à maintenir la vie des quartiers et en favorisant les liens intergénérationnels, à travers la construction de maisons de quartiers et d’animation de ceux-ci par les associations.

Vous faites partie de cette génération de femmes engagées en politique et détenant des fonctions importantes. On entend souvent dire que la femme guadeloupéenne est un pilier social. Qu’en pensez-vous?
La femme guadeloupéenne est un pilier important de la société, quelle que soit la forme de son engagement. Il est vrai que nous avons eu des exemples de femmes combattives qui nous ont transmis d’une certaine façon cette fibre.

Mme Vainqueur-Christophe Deputee

Mme Vainqueur-Christophe Deputee

TROIS-RIVIÈRES

Population: 8714 habitants (Trois-Riviériens)
Superficie: 31 km2
Points d’intérêt: le parc archéologique des Roches gravées ; le littoral de Grande Pointe ; l’habitation l’Ermitage ; La source de Tèt Kannal.
Site Internet: www.villetroisrivieres.fr

Facebook: Ville de Trois Rivières – Guadeloupe

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