Jusqu’à une époque récente, le sport avait ses lieux d’expression bien localisés: les stades, les gymnases, les vélodromes et autres arènes où étaient organisées des rencontres sportives. Au cours des années 1970, la rue est devenue un terrain de jeu et le sport un spectacle urbain.  Intimement liés à l’architecture des villes, le skateboard, le roller, le BMX, le Parkour ou encore le Workout ont donné naissance à une nouvelle urbanité. Longtemps et encore pour certains, ces sports ont été associés à la délinquance, au vandalisme, au mépris des règles -“Skateboarding is not a crime”, Les seigneurs de Dogtown, Yamakazi – mais sont en passe d’être reconnus: depuis le 3 août 2016, le skate est officiellement une discipline olympique, rejoignant le BMX qui l’est devenu en 2008 lors des J.O. de Pékin. Les collectivités ayant saisi les enjeux sociaux, culturels et économiques des sports urbains leur ont dédié des équipements (skate-park, bike-park…) qui favorisent toutefois le phénomène “d’indoorization” et une certaine artificialisation du paysage. Nombre de pratiquants préfèrent laisser leur imagination s’exprimer librement sur le bitume et se considèrent comme des artistes de rue. Si les finalités de ces sports demeurent très proches, ce milieu est divisé ; “core” ou “normés“,  les riders ne développent pas le même rapport à l’espace et n’appartiennent pas aux mêmes “tribus”. Une certitude, c’est que ces activités sont fortement attractives et lucratives pour les marques et les médias.  La rue est vers l’or.

Texte: Cee Bee & Mr. Chung

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